bout de papier, Vol. 17, No. 3 (2000) — Fall 2000 // Automne 2000, p. 41
C’est avec tristesse et consternation que nous, collègues et amis de Léo Leduc, avons appris son décès prématuré des suites d’un accident de la circulation survenu à Moncton, où il était affecté depuis quelques années.
Léo était un délégué commercial unique. Il avait un oeil pour les solutions constructives, réalistes et pratiques. Léo savait d’instinct définir les priorités les plus importantes et s’attaquer aux problèmes épineux que cette carrière nous réserve sans s’affoler ni jamais perdre de vue les objectifs choisis. Il s’inquiétait pour le futur de sa carrière, la perte de moral de ses collègues et le peu de progrès des FS sur le plan de la rémunération. Cela lui déchirait le coeur comme une injustice imposée et sans fondement. Un jour, son sentiment d’impuissance le poussa à réagir et à se lever pour inviter sa communauté de collègues à réagir. Seul, il décida de présenter un grief contre le règlement qui l’empêchait de recevoir la rémunération intérimaire pour le poste de Délégué commercial principal qu’il occupait à Moncton, alors que ses subordonnés gagnaient plus que lui. Son combat solitaire dura une année entière jusqu’à son dénouement négatif. Il en parlait souvent, il en parlait à ses proches collègues, puis à d’autres qui en parlèrent à leur tour et ainsi de suite. Malgré son éloignement de la centrale, l’esprit de Léo devint comme un cri d’injustice et de ralliement pour tous ses collègues sous le slogan «Même travail; même salaire». Léo le «bon gars», Léo le visionnaire, venait de nous donner une cause juste et de nous mobiliser tous pour le respect de nos droits à l’équité salariale.
Grand communicateur, il gagnait la confiance des gens en honorant ses engagements et en respectant ses promesses. Doté d’un grand jugement, d’une capacité de travail remarquable il s’attaquait dans le calme et la discipline à ses tâches multiples. Il respectait les gens, savait les écouter et les appuyer concrètement.
Toutes les fois que l’on voyait Léo, c’était un feu d’artifices de blagues et de pépites de sagesse qui fusait! Il avait le don de mettre en confiance et l’autre plus précieux de ne pas la trahir. Loyal, discret, et fin comme une rapière de mousquetaire, il a toujours été de bon conseil pour ses collègues. Il aurait bien été le premier à rire de ce que nous écrivons aujourd’hui, simple, sans prétention aucune, nous l’entendons rire en nous écoutant. Il faisait partie de cette humanité précieuse qui croit en l’action plus que dans les paroles, si choisies, si vraies fussent-elles.
L’annonce de sa mort prématurée a semé la consternation partout et encore aujourd’hui on se pince et l’on croit que l’on pourra encore entendre son rire et voir encore ses yeux pétiller d’esprit. Sa vie se termine trop tôt, nous avons perdu un ami doté d’un grand sens de l’humain, d’une belle simplicité et de manières avenantes qui rendent sa perte encore plus cruelle. Puisse son souvenir nous inciter à rechercher comme lui la qualité et le professionnalisme dans toutes nos actions. Léo, cher collègue et ami, nous nous souviendrons à tout jamais de ta contribution pour le métier et tes pairs que tu aimais tant.
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