bout de papier, Vol. 8, No. 4 (1991) — Fall 1991 // Automne 1991, pp. 24–25
par Jean Fournier
Après son décès, madame Vanier a été l’objet d’éloges tant pour le rôle qu’elle a joué comme châtelaine de Rideau Hall pendant les années où son époux, le Général Vanier, y occupa la charge de Gouverneur-général du Canada, que pour le rôle qu’elle joua pendant les vingt dernières années de sa vie auprès des handicapés mentaux de l’Arche à Trosly, en France, au sein de la communauté fondée par son fils Jean. Mais comme peu d’articles ont souligné son rôle comme ambassadrice à Paris, le magasine bout de papier m’a prié de rassembler mes souvenirs et de parler des activités de madame Vanier pendant la période de mon stage, soit de 1951 à 1954.
Tout d’abord, il convient de dire que tout agent du service extérieur nommé à Paris savait déjà avant d’arriver à son poste qu’il s’y trouverait membre d’une famille sympathique, cet extrait de la lettre du Général en faisant foi : « ma femme et moi vous réservons ainsi qu’à madame Fournier un accueil affectueux.
Voici le souvenir qu’avait gardé de l’ambassadrice l’épouse de l’un des conseillers d’ambassade à l’époque où je besognais à la Chancellerie de l’avenue Foch (ce ’souvenir’ résume bien l’intérêt que portait « Maman Vanier » au bien-être des membres de l’ambassade) : « Madame Vanier était d’une inlassable gentillesse envers les membres de l’ambassade. Elle s’informait de leur santé, de leurs activités, de leurs intérêts, n’hésitant pas à les conseiller, et à les encourager en cas de difficultés. Elle était remplie de sollicitude pour les nouveaux arrivés, particulièrement pour les épouses, qui pouvaient compter sur elle pour leur expliquer le rôle que chacune devait jouer au sein de l’équipe. Peut-être était-elle consciente qu’elle formait de futures ambassadrices? Elle prodiguait l’encouragement et le réconfort dont elles pouvaient avoir besoin. Si Madame Vanier savait que quelqu’un était retenu à la maison par la maladie, elle s’empressait de lui faire signe avec une grande délicatesse. Elle avait le don de faire sentir à tous qu’à l’ambassade nous étions membres d’une même grande famille ». C’est sans doute ce qui lui valu le titre affectueux de ’Maman Vanier’. Elle participait à toutes
24 bout de papier Vol. les réjouissances de l’ambassade (le Noël etc. etc.) avec enthousiasme, le sourire et la cigarette aux lèvres!
Lorsque son époux devint chef de mission à Paris en 1939, le journal le Jour de Montréal avait dit d’elle qu’elle était « la femme parfaite d’un parfait diplomate ».
Tout en remplissant à la perfection son rôle d’hôtesse aux cours des réceptions dîners, etc., elle n’oubliait pas l’autre volet du rôle d’une mission canadienne à l’étranger. Citons un exemple de la façon dont je pus en profiter et le Ministère à Ottawa par ricochet : quelques temps après mon arrivée à Paris, au cours d’une réception, madame Vanier me présenta au Directeur Politique du Quai d’Orsay et insista de la manière qui était la sienne pour qu’il consente à me recevoir. C’est ainsi que je pus désormais faire part au Ministère avec régularité du contenu de mes « tours d’horizon » avec Roland de Margerie. Je me dois d’ajouter que la grande estime dont jouissait le Général Vanier auprès des gouvernements français, facilitait d’une façon remarquable le travail des membres de la mission lorsqu’il s’agissait de répondre aux demandes d’information de la part du ministère à Ottawa. L’ambassadeur obtenait presqu’instantanément des rendez-vous avec les responsables français et nous revenait avec les éléments nécessaires pour transmettre dépêches ou autres missives à Ottawa.
Avant leur départ, les Vanier firent l’objet de nombreuses réceptions d’adieu. Émue, l’ambassadrice retenait difficilement ses larmes, et le jour où elle était sur le point de recevoir la Légion d’Honneur des mains du Ministre des Affaires Étrangères, monsieur Georges Bidault, au Quai d’Orsay, je dus la prendre par les épaules et la secouer gentiment en lui disant, les yeux dans les yeux : «Madame, vous allez recevoir une décoration à titre militaire pour les services que vous avez rendus pendant la Guerre, comme représentante de la Croix-Rouge canadienne en France, et il ne saurait être question de larmes! » Elle ne pleura pas pendant la courte cérémonie!
Bidault, qui avait annoncé l’octroi de cette décoration au cours d’un dîner mémorable offert par les Vaniers à la résidence pour leurs amis de la Résistance et la France Libre, en profita, en la remettant à Madame Vanier pour regretter que le Canada ne permette à ses diplomates d’accepter de décorations étrangères. (Le gouvernement français aurait voulu donner une promotion dans les rangs de cet Ordre au Général car il avait créé Chevalier en 1917). Avec une finesse bien française, monsieur Bidault ajouta qu’il avait donc été décidé de prendre à même la médaille que l’on destinait au Général un morceau de ruban de cette médaille pour décorer son épouse.
Je termine en citant ces paroles récentes de Marguerite Peeters : « Elle était accueillante envers tous; c’était une grande dame. Sa personnalité se caractérisait par beaucoup de bon sens, un humour anglo-saxon qui était chez elle le signe d’une certaine liberté spirituelle et d’un certain détachement d’elle-même, un esprit curieux s’intéressant à tout et à tout le monde ». John Fraser Said it all: « a compulsory warm-hearted Woman … The Vanier hug is something to behold, let alone expérience ». Et comment!!
Pauline Vanier: A Personal Perspective
by Geoffrey Pearson
The paths of the Pearson and Vanier families crossed for the first time in London in the mid-thirties where they were posted together under the formidable tutelage of the Vincent Masseys. My mother, unlike my father, found diplomatic life somewhat forbidding and turned to Pauline Vanier for support. This she gave in her affectionate and vivacious way, having already spent several years in London and in Geneva. My sister and I, as children, also came to know the Vanier family in whose home we always received a warm welcome, especially from Jean (Jock) Vanier, who was our age. Mme Vanier mixed with King and commoner, child and adult, in the same way and with the same smile. There was no hint of class, privilege or rank. She remained that way when I next encountered her for any length of time in Paris in 1953, where my wife Landon found herself in much the same position as that of my mother twenty years before — coping with a strange and rather intimidating environment.
The Vaniers had us to dinner the second night we were in Paris at the newly acquired and imposing Canadian residence on the Rue du Faubourg St. Honoré. The house itself with its gold and white panelling and Aubusson carpets was enough to strike awe into anyone on a first posting and perhaps even on a second or third). But Mme Vanier showed us around with such pride and simplicity that we began to think it was normal for Ambassadors to France to live in that style — and so it was, more or less. Again, after a reception in the same place some weeks later to honour the wife of the retiring French President, she told the relieved Canadian wives to take off their shoes and relax. We were fortunate to serve with the Vaniers, if only for three months. He introduced me to French politics. But she introduced us to human nolitics. Canadian stvle.
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