bout de papier, Vol. 8, No. 4 (1991) — Fall 1991 // Automne 1991, pp. 6–7

Bob Burchill’s article in Vol. 8 #2 (“A Funny Thing Happened…”) is a reminder that we all have highly individualized low points in our foreign service assignments which may prompt one to ask oneself the question, what am I doing here?

In my own career, no tomcat ever relieved itself on me in the upper reaches of the Amazon (although a camel stole my baseball hat), but trying to get back to Algiers from a weekend in Paris once convinced me that I was not perhaps such a seasoned international traveller.

That weekend in Paris turned out to be the weekend of a major earthquake in El Asnam, about 100 km from Algiers. When I phoned to reconfirm my return flight, Air France informed me that my reservation had been cancelled because it had not been reconfirmed 72 hours in advance, which I pointed out, would have been difficult because 72 hours previously I had not yet left Algiers. Logic does not move the people of Descartes and the best I could do was a Sabena flight from Brussels.

Unfortunately, the flight to Brussels was stalled for technical reasons and we had to go there by bus, which meant that I would have to take the flight to Algiers a day later. I phoned the embassy to notify them of the delay.

The next morning in Brussels, air traffic controllers were refusing to work, so I booked a flight out of Amsterdam through Rome connecting to Algiers the following day, phoned the embassy about the new plans and hopped a train to Amsterdam.

When I presented myself at the airport in Amsterdam, now two days behind schedule, the attendant looked at my ticket and waved me over to another counter. I did not know what was going on until I looked carefully at the itinerary and was shocked to see that I had misread the itinerary, presenting myself for arrival time in Rome not departure time from Amsterdam. This was the lowest point, the absolute nadir. I was an incompetent world traveller. I would be laughed out of the embassy that was already setting up betting pools on where in northern Europe Belliveau would fetch up each day. In a funk of despair, I asked to be sent to Frankfurt where I would sit up all night in the airport and catch the early morning flight.

But we all rise up from our low points (or we would not be here today reading and writing this stuff. In Frankfurt, I decided to check the schedule to see if there was not something earlier. Indeed there was. In 30 minutes a Lufthansa flight was heading for Algiers, and yes, they had plenty of space. I arrived less than one hour after my missed connection, and the people on the flight from Rome were still wandering around the bout de papier Vol. airport looking for their luggage because all baggage handlers had been drafted into unloading emergency supplies for the earthquake. I found my bag quickly, and easily whistled up a taxi home.

Richard Belliveau Ottawa – EAITC

Critique : fable actuelle

Titrée « Undiplomatic Notes — Tales from the Canadian Foreign Service » la collection de récits de Sidney Freifeld est une contribution intéressante à la littérature sur la vie dans le service extérieur. Le style anecdotique de l’ouvrage sert la nature humoristique des situations décrites et contraste favorablement avec l’image collet monté dont souffre encore la vie diplomatique. L’auteur dans un langage clair mais coloré se contente de relater habilement des faits anodins. L’ensemble du texte brille par son dépouillement symbolique. Dans les circonstances, il y a lieu de s’interroger sur la place du récit intitulé « The Howling Cats of Moscow » dans lequel Freifeld nous livre sans artifice une morale que je caractériserai d’actuelle.

Le récit relate l’aventure de Mme Ford, épouse de l’ancien ambassadeur canadien à Moscou, aux prises avec des chats vivant à proximité de la résidence officielle. Réveillée toutes les nuits par ces pestes et préoccupée par l’inconfort que cela occasionne à son mari — Freifeld dira « Teresa was worried not so much about the disturbance to her own sleep as the effect it would have on her hard-working husband » — Mme Ford juge qu’il faille réveiller à trois heures du matin le commis de l’ambassade responsable de la liaison avec le protocole soviétique pour lui ordonner de régler le problème. La situation trouve une fin heureuse et l’auteur attribut ce succès à notre héroïne.

L’histoire sans prétention cadre parfaitement avec l’ensemble de la collection de récits. Par conséquent, mon interrogation ne porte pas sur la véracité des faits ou sur l’intérêt humoristique qu’ils commandent, mais plutôt sur la nature même du texte et son message.

Selon le Collins-Robert la traduction française de « tale » ne fait pas de distinction entre conte, récit ou fable. Dans la littérature, si le récit et le conte ont pour objet la description, la reconstitution ou la création de faits pour leur valeur historique, comique ou autres, la fable pour sa part a une valeur symbolique. Elle cherche à démontrer une idée ou un principe par une juxtaposition de degrés divers d’interprétation. Le Robert dira de la fable qu’elle est « un petit récit en vers ou en prose, destiné à illustrer un précepte ». Dans le cas qui nous intéresse le texte semble remplir les conditions de cette description. Au-delà des attributs esthétiques des mots, l’auteur utilise une histoire, vraie dans le cas présent, pour nous transmettre un message.

Sans contorsion littéraire et en deux phrases, Freifeld attaque de plein front trois composantes de la vie sociale : le fossé des générations et des genres, et traite du rapport d’autorité. Le lecteur peut déduire d’emblée le camp de l’auteur. D’entrée de jeu Freifeld écrit : « External Affairs wives and husbands come from all walks of Canadian Life and their performance abroad reflects their varied background. Some – and thèse are likely to be of an older génération — are happy to share with their spouses the burdens of official entertainment, showing the flag…. » Avec un pareil coup de départ, l’allusion à la dévotion dont fait montre Mme Ford à l’endroit de son mari, sans oublier l’autorité qu’elle exerce en réveillant le commis à trois heures du matin, geste auquel l’auteur attribue la solution du problème, il m’apparaît légitime de s’interroger sur la morale prônée par Freifeld? Le texte aurait une valeur historique s’il relatait les faits de façon descriptive. Il aurait l’utilité de nous rappeler l’époque où les rapports entre genres répondaient à une logique et des pratiques sociales différentes. Cependant l’emphase mise sur la dévotion de Teresa, sa capacité à solutionner un problème qui affecte plus son conjoint qu’elle-même, le soin qu’elle prend à tirer du lit à trois heures du matin un commis d’ambassade, tous ces éléments semblent militer en faveur de ces temps passés.

Dans le même ordre d’idées, il y a lieu de s’interroger à savoir pourquoi le sommeil de l’ambassadeur est plus important que celui de son épouse, ou celui du commis réveillé en pleine nuit pour effectuer une tâche qu’il ne lui sera possible de compléter qu’à l’ouverture des bureaux de l’administration soviétique. Poser un tel geste me semble symptomatique de l’importance que certains individus se défèrent plus que d’un jugement sûr ou de l’autorité réelle dont jouissait Mme Ford.

La fable soulève des préoccupations réelles dans la mesure où sa morale est actuelle. L’exemple de Mme Ford serait banal et dénudé d’intérêt s’il n’appartenait qu’au passé. Malheureusement, l’abus du pouvoir (comment doit-on caractériser le geste de réveiller quelqu’un en pleine nuit si ce n’est pas un abus du pouvoir?) est une pratique dont peuvent se réclamer plusieurs de nos soi-disants bonzes. De plus, il existe encore aujourd’hui une propension chez nombre d’agents de ce ministère — et cela s’amplifie rapidement lorsqu’ils gravitent les échelons — à abuser du personnel, collègues de travail ou employé(e)s de soutien. Cette pratique mérite d’être dénoncée et non glorifiée comme la fable de Freifeld se plaît à le faire. Il est temps de trouver une solution à la gestion des rapports d’autorité qui soit fondée sur des critères objectifs et non sur la seule crédibilité personnelle des individus. Gérald Cossette Washington, D.C.

J’ai eu le plaisir de lire, dans le numéro d’été, le compte rendu de Doug Owram concernant l’ouvrage de John Hilliker, chef de la Section des affaires historiques de cette Direction, intitulé Canada’s Department of External Affairs: The Early Years, 1909- 1946. Je vous signale qu’il existe également une version française de ce livre, préparée par René de Chantal, ancien directeur des Relations internationales en matière d’éducation. Cette version, intitulée Le ministère des Affaires extérieures du Canada: Les années de formation, 1909-1946, est publiée par les Presses de l’Université Laval. Le livre relié se vend 45 $ et non 49 $ comme il est indiqué dans l’article. Il existe aussi en édition de poche, au coût de 19,95 $.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Brian Long Ottawa — EAITC

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