bout de papier, Vol. 28, No. 4 (2015) — Spring 2015 // Printemps 2015, pp. 24–29

Le Canada et les peuples de l’Atlantique Nord partagent une affinité incontestable — un climat

semblable, une tradition maritime, une autonomie résultant de la distance et de l’isolement,

des paysages époustouflants, des cultures chaleureuses et accueillantes et une vision du monde remarquablement similaire. L’Islande et le Canada ont des liens culturels particulièrement étroits à cause, notamment, du grand nombre d’Islandais qui ont émigré au Canada entre 1870

et 1914. Plus de la moitié des Islandais possèdent, ne serait-ce que généalogiquement, de la parenté au Canada. Les Islandais ne ratent jamais l’occasion de nous rappeler que les Falcons

de Winnipeg, l’équipe qui a remporté pour le Canada sa première médaille d’or olympique en hockey sur glace, comptaient 19 de leurs congénères sur 20 dans leurs rangs.

Malgré la situation nordique de l’Islande (elle frôle à peine le cercle Arctique, d’où sa latitude au nord de Yellowknife), le Gulf Stream lui donne un climat qui a longtemps favorisé son autosuffisance sur l’agriculture, notamment l’élevage de moutons. Jusqu’à tout récemment, le pays était une société à prédominance rurale : déjà, vers la fin des années 1870, la proportion de la population islandaise vivant dans des collectivités de plus de 30 personnes était estimée à bien en-deçà de 20 pour cent. L’élevage de moutons a eu une autre conséquence à long terme pour l’Islande — les géographes ont estimé que jusqu’à 25 pour cent du pays était boisé lorsque les Vikings y débarquèrent vers 870 EC. Leurs moutons les accompagnaient, mais ils avaient tendance à se perdre dans les forêts. L’abattage généralisé d’arbres entraîna une érosion qui empêcha la régénération spontanée des forêts. L’Islande est aujourd’hui essentiellement dépourvue d’arbres. Cela contribue à sa splendeur géographique, toutefois : des panoramas de chutes multiples coulant le long des nombreuses falaises rocheuses de l’Islande et d’immenses vallées inoubliables rendues lisses par les glaciers surgissent presque à chaque détour.

La pêche constituait principalement un moyen de subsistance en Islande jusqu’à l’avènement du moteur de bateau motorisé, mais elle ne tarda pas ensuite à devenir un élément crucial de l’économie nationale. L’art historique islandais de la navigation maritime convenait parfaitement aux riches zones de pêche du plateau continental de l’Islande.

La matière noire sur l’écoulement glaciaire est de la cendre du volcan Eyjafyallajökull.
La matière noire sur l’écoulement glaciaire est de la cendre du volcan Eyjafyallajökull.
Rassemblement de moutons à l’automne, près de Þingvellir, Islande.
Rassemblement de moutons à l’automne, près de Þingvellir, Islande.
Vestmanna sur Streymoy, Îles Féroé.
Vestmanna sur Streymoy, Îles Féroé.
Terre ancestrale, Látrar, nord de l’Islande.
Terre ancestrale, Látrar, nord de l’Islande.
Siglufjörður, Islande.
Siglufjörður, Islande.

Il va sans dire que les volcans sont l’une des caractéristiques qui définissent l’Islande. D’origine entièrement volcanique, et à la jonction des plateaux tectoniques nord-américain et européen, la lave y est toujours à ras de surface et elle a permis à l’Islande de devenir le chef de file mondial en matière d’énergie géothermique. mais son vocabulaire et sa prononciation surtout sont nettement différents. Distinctes de l’Islande par leur longue histoire d’urbanisation (relative), elles ont un « air » d’Islande tout en conservant leur culture et leurs paysages uniques.

Kirkjubøur, Îles Féroé.
Kirkjubøur, Îles Féroé.
Stóri Drangur, Îles Féroé.
Stóri Drangur, Îles Féroé.
Un danger routier courant en Islande; Reykjavík, Islande; route rurale près de Sauðárkrókur, Islande.
Un danger routier courant en Islande; Reykjavík, Islande; route rurale près de Sauðárkrókur, Islande.
Chutes Gullfoss, Islande.
Chutes Gullfoss, Islande.
Éruption du volcan Eyjafjallajökull, mai 2010, Islande.
Éruption du volcan Eyjafjallajökull, mai 2010, Islande.

Les photos figurant ici, prises en Islande et aux îles Féroé, font ressortir, du moins je l’espère, quelques aspects de ces deux endroits avec lesquels les Canadiens peuvent ressentir à la fois un lien de parenté et un point commun.

Alan Bones a servi en Malaisie, au Mexique, au Soudan et en Islande et il est actuellement directeur adjoint pour la Syrie à la Direction du Moyen-Orient du MAECD.

Près de Dettifoss, Islande; Húsavík, Islande.
Près de Dettifoss, Islande; Húsavík, Islande.

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Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 28, No. 4 (2015) — Spring 2015 // Printemps 2015, pp. 24–29. Lire le reste de ce numéro →

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