bout de papier, Vol. 27, No. 4 (2013) — Winter 2013–14 // Hiver 2013-2014, p. 3
Roland Paris, Director of the University of Ottawa’s Centre for International Policy Studies, argued in a recent blog that Canada has no foreign policy — which begs the question: of what use is a Foreign Ministry without one? It also underscores the extent to which Canada has become something of a side show internationally (remember the UNSC vote?), and raises doubts about what the government thinks it will accomplish with restructuring and repurposing Canada’s foreign affairs agencies.
Sommes-nous sans gouvernail? On le dirait… et sinous n’offrons pas de leadership international constructif, inclusif et compétent, le pays ne pourra que perdre encore plus sa pertinence. Pour renverser la situation, il faut travailler en équipe, autrefois une des grandes forces du Canada. Or, ce n’est plus le cas : les négociations de l’APASE avec le Conseil du Trésor ont abouti parce que, semble-t-il, le gouvernement voulait régler avant le discours du Trône la grève « d’un milliard de dollars » qu’il avait suscitée. Comme nous le savons, ça n’a pas grand-chose à voir avec la bonne foi. À l’heure actuelle, la négociation collective pour la fonction publique dans son ensemble fait l’objet d’attaques au moyen de méthodes peu démocratiques. Il semble que l’objectif primordial soit de conserver le pouvoir, de réduire radicalement l’empreinte du gouvernement par tous les moyens possibles (même s’il est crucial que le gouvernement joue un rôle actif dans les enjeux mondiaux) et de paver la voie à une gouvernance axée davantage sur l’idéologie avec les conséquences qui s’ensuivent. Dans ce contexte, le travail d’équipe et la politique étrangère importent peu.
Damage to team spirit in the many agencies of Canadian diplomacy, albeit anecdotal, is increasingly obvious. Following the funeral service for the late (and much missed) Senator Laurier LaPierre, I spoke with a Senator who called on a number of missions in developing countries earlier in the year. He met with several Canadian Heads of Mission. He was concerned when the first pulled him aside for a private chat about how frustrating it had become to be a HoM — muzzled, badly underfunded, nowhere to be found on the government’s radar. It almost became comical when every mission he visited ended with the same off the record, Just between us “private” chat. Apparently they looked forward to early retirement.
Quand on a demandé à un ancien CdM récemment à la retraite si l’ambassadeur du Canada n’est aujourd’hui guère plus qu’un agent d’administration glorifié, la réponse était, « c’est mon avis ». Un autre, qui a agi à titre de SMA, a eu la triste surprise de constater que, même à ce niveau, il n’avait pas vraiment d’influence sur la prise de décisions. J’étais peut-être trop éloigné de l’action, mais, lorsque le SM Rosenberg a pris sa retraite, il semble qu’il soit simplement parti, fatigué de jouer au Sysiphe sur une montagne immuable. Bref, même aux paliers le plus élevés, on trouve peu de preuves de motivation commune ou de but commun.
Need it be like that? Not according to Jillian Stirk (in this issue). Ever the mentor, her farewell to DFATD reasserts the professional values that informed her remarkable career. Her piece is so thoughtfully written one might miss the firm message wrapped in that velvet glove. Tim Edwards strikes an almost defiant tone when he says in his interview (again in this issue) that the Foreign Service “…will continue to enthusiastically supply the same loyal, fearless, and expert advice which successive governments have relied upon to achieve their international priorities.” It couldn’t be better said, but does anyone in authority truly care?
Au niveau FS, j’ai récemment parlé à une jeune agente qui fait vraiment partie de la crème de la crème. Elle a déclaré que de plus en plus de ses collègues pensent avoir commis une erreur dans leur choix de carrière et que bon nombre des moins de 35 ans envisagent d’autres options. Le MAECD est devenu exaspérant sur le plan financier, et, compte tenu de l’assaut prévu contre les DSE, les conditions de travail ne sauraient que se détériorer. Les 35 ans et plus, a-t-elle ajouté, ont des familles et des hypothèques et gardent la tête basse; ils se sentent contraints à attendre que ça passe et à espérer que les choses s’améliorent.
I repeated this conversation to another friend at a book launch for bout contributor Bill Bhaneja. She laughed irritably and asked “what officers under 35? We haven’t recruited in four years; we haven’t seen a promotion in years!” She said advice is given and options proposed but few are interested and the demands made on staff seem endless, and often unformed or unreasonable. There was no pride or pleasure in her voice, rather something between depression and suppressed disgust.
Les « plus de 35 ans » ne se contentent pas tous d’attendre. Un ancien collègue délégué commercial cherche un moyen de s’en sortir : le programme qu’il gère est si sous-financé qu’il en devient presque inutile. Bien sûr, les agents n’ont pas tous le moral dans les talons — l’un d’eux s’occupe de questions de prolifération et estime qu’il est possible de vraiment progresser; il ne doit pas être le seul.
Is DFATD alone in its predicament? No, Canada’s scientists — for one — have rallied on Parliament Hill for two years running to protest against the muzzling of scientists, huge cuts to basic research, the attacks on evidence-based policymaking, and the transformation of scientific establishments into handmaidens of private enterprise. Sound familiar?
Quoique la consolidation et la réorientation des entités des affaires étrangères du Canada puissent se révéler une réplique de ce qu’on a fait subir à nos scientifiques, la situation de ces entités à l’heure actuelle est telle que la seule option qui reste pourrait être de les réinventer, peu importe qui est responsable. Recommandons à ceux et celles qui dirigent le service extérieur du Canada de veiller à ce que le meilleur de ce que nous étions — et de ce que nous sommes encore — survive aux vents d’hiver et refleurisse un jour. & — Stuart Hughes
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