bout de papier, Vol. 19, No. 4 (2003) — Winter/Spring 2002/2003 // Hiver/Printemps 2002/2003, pp. 4–8

Le 10 avril 2002, Gilles Prégent, de l’Île Bizard, et Jay Ridell, de Vancouver, quittent le Canada pour la Bolivie. Ils n’arriveront jamais à destination. Ils passeront plutôt 102 jours dans la jungle colombienne.

Note de la rédaction :

Pour des raisons de sécurité, l’identité de certaines personnes dans cet article est préservée par le recours à des initiales.

P.G., citoyen français, actionnaire de la compagnie HéliAmérica basée à Santa Cruz en Bolivie, qui fournit des services de transport aux compagnies pétrolières en Bolivie et au Pérou, pilote d’hélicoptère lui-même, se rend à Calgary, début avril 2002 pour acheter un hélicoptère. PG. embauche à contrat MM. Prégent (pilote) et Riddell (mécanicien) pour qu’ils emmènent lui et l’appareil Bell-212 en Bolivie, en traversant les États-Unis, le Mexique et l’Amérique centrale.

L’idée est bonne, l’appareil puissant et quasi-neuf, l’équipage expérimenté (Prégent a neuf mille heures de vol) mais il y a un hic de taille : la Colombie. P.G. ne consulte pas les ambassades de France et du Canada ni ne regarde les sites Web des Ministères de Affaires étrangères respectifs. Et pourtant, HéliAmérica a souscrit un contrat d’assurances pour 1 200 000 $US qui interdit de passer la

bout de papier Vol. nuit en quelqu’endroit de la Colombie; la proverbiale puce aurait dû lui mordre très fort l’oreille. Nous leur aurions conseillé de mettre l’appareil à bord d’un navire au Panama avec comme destination Buenaventura sur la Côte du Pacifique de la Colombie. Ils auraient pu par la suite longer la côte pour arriver à Esmeraldas en Équateur. Et ainsi éviter les territoires contrôlés par la guérilla, friande d’hélicoptères pour transporter leurs troupes, acheminer de la cocaïne sur la côte et en rapporter armes et vivres. Quel cadeau (en bon état de plus) littéralement tombé du ciel, mais nous prenons de l’avance.

Le 19 avril, l’équipage se pose à Cali pour faire le plein. On décolle vers 3 h

15, direction cette fois Policarpa et le passage du Cañon du Rio Patia. Seconde et non moins grave erreur. Le temps change très rapidement dans cette partie des Andes et le temps se couvre vite, habituellement vers 16 heures de l’après-midi. Le ciel s’obscurcit, les nuages se font menaçants, le plafond est vraiment bas, la visibilité se réduit dangereusement, plus question de faire demi-tour. L’appareil doit se poser au bord du Rio Patia.

Au début, tout va assez bien; l’équipage se repère grâce au GPS, se prépare à passer la nuit (tiens, il y a un cambuche sur la rive). Riddell, lui, reste dans l’hélico. Des paysans du coin leur apportent des fruits. L’idée est de repartir tôt le lendemain. Mais trois étrangers, grands, en combinaison orange et surtout un hélico, ça passe pas inaperçu.

Le lendemain matin, 20 avril, réveil à 6 heures. Le trio remarque beaucoup de traffic sur le Rio Patia, inconscients qu’il s’agit là d’une voie de navigation importante des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui contrôlent pratiquement tout le Département du Nariño. Vite, trop vite, vers 7 h 30, un comité d’accueil s’approche; P.G., Riddell et Prégent sont officiellemnent fait otages.

Le lundi 22 avril, trois jours après leur passage à Cali, l’Aéronautique civile de Colombie s’inquiète enfin et appelle l’Ambassade de France dont le Consul communique tout de suite avec moi. Nous avisons immédiatement nos Services consulaires à Ottawa qui notifient les familles. Nous rencontrons l’Ambassade de France, communiquons avec Cali et ainsi débutent une série impressionnante de démarches et contacts de notre part.

Préparation de l’hélicoptère à Popayan.
Préparation de l’hélicoptère à Popayan.

Pendant qu’Ottawa s’occupe des familles canadiennes, nous persistons sur place. Les rumeurs, comme toujours dans ce genre de cas, abondent. On les a vus ici, on les a vus là. Pourtant, le CICR fait contact direct est fait à deux reprises avec le numéro trois du Front 29 des FARC; on nie catégoriquement être au courant.

Le 2 mai, premier bulletin aux nouvelles de 19 heures. Le Général Tapias, Chef d’Etat-major, annonce que des communications-radio ont été interceptées qui prouvent que les FARC sont en possession de l’appareil et des trois otages. L’aviation civile, la Police nationale, l’Armée et la compagnie qui a nolisé deux hélicoptères et un avion n’auront pas effectué leurs recherches en vain en un sens; ils étaient bien dans la bonne zone. Cependant, tous ces vols ne donnent rien car il est impossible de voir l’hélicoptère tellement il est bien caché dans une niche dans la jungle. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir deux impacts de balles, sur le nez de l’appareil et sur un patin; je crois qu’il s’agit de tirs à l’aveugle, de tirs de défoulement.

Le 28 mai, un message est capté par un avion de la SAM sur un vol régulier ainsi que par un pilote d’hélicoptère travaillant à contrat pour la fumigation des champs de coca dans le sud de la Colombie. Le message dit en résumé que nous sommes les trois étrangers détenus comme otages par les FARC et donne les coordonnées précises de leur emplacement. Scepticisme, partout. Je parle au pilote d’hélicoptère. On est convaincus qu’il s’agit d’un piège et même un responsable de l’Armée l’annonce a la télévision. Pourtant, le message est véridique. Ils ont convaincu les FARC de la nécessité de protéger l’appareil contre les effets néfastes de l’humidité de la jungle. Ils sont autorisés à enduire les pièces importantes de l’appareil d’huile WD-40. Prégent en profite, il utilise une commande sur le plancher de l’appareil, pendant que les deux autres font diversion, rapproche le micro de son casque et lance son Mayday. On donne même les coordonnées exactes comme signalé plus haut mais qu’aurait-on pu faire? Monter une opération militaire aurait signifié la mort certaine des trois.

Juillet voit la famille G. négocier directement avec les FARC. Le patriarche et co-associé, G.G., se rend en Bolivie mais refuse de venir à Bogota, de peur d’être enlevé. On veut de toute évidence nous tenir loin de toutes négociations. Le samedi 20 juillet, je me vois interpellé par la Croix-Rouge; un contact direct a été fait avec eux. Les choses se précipitent et de nombreux meetings ont lieu car la Croix-Rouge internationale n’est pas non plus enchantée de l’allure que prend le deal; communiqués à être publiés avant la libération pour bien signaler qu’il s’agit d’un geste humanitaire de la part des FARC, présence sur le site de libération de la famille et des Consuls de France et du Canada et reprise de l’appareil en même temps que les otages. L’opération s’effectuera donc le mardi avec deux hélicoptères nolisés et nous nous rendrons dans la jungle les chercher.

Départ collectif le lundi 29 juillet de Bogota pour Popayan; le Consul de France, G.M., G.G., les délégués de la Croix-Rouge incluant un médecin, notre gérant de sécurité et moi-même. Appels à la FARC : ils refusent de donner le point de rendez-vous. On pourrait ne pas pouvoir revenir à Popayan ou Pasto, pour cause de mauvais temps. On décide d’aller, peut-être, à Tumaco. On me demande d’appeller Bogota pour demander à la DEA s’ils peuvent nous y trouver du fuel. On appelle la météo; on annonce beau temps, même si on ne sait pas encore tout à fait où l’on doit aller, ça rassure. Re-calculs de combustibles, de rayons d’action, d’autonomie, de poids.

Le consul Beaudoin après la libération, en vol vers Tumaco.
Le consul Beaudoin après la libération, en vol vers Tumaco.

Mardi matin, 30 juillet, tôt, tous à l’aéroport. On colle affiches du CICR sur les hélicos car le deuxième est arrivé de Cali. On attend l’appel des FARC. La presse et la télé se font insistantes. Finalement, l’appel de la guérilla arrive vers 10 heures et les coordonnées sont vérifiées, les derniers calculs faits; i] faut aller à Pasto, faire le plein, aller au rendez-vous et se diriger sur Tumaco si tout va bien.

Le Général P., responsable de toute la Zone Sud de la Colombie, arrive dans son avion de l’Armée. On le rencontre sur la piste, sa réputation de faucon l’a précédé, mais on doit le saluer, il nous souhaite bonne chance. L’Armée colombienne a été avisée au plus haut niveau et nous a assuré de son soutien, qui veut dire à toutes fins pratiques que l’armée ne tentera pas d’opérations dans la zone de sauvetage qui commence à être un peu trop connue à notre goût. On embarque; le Chef de l’opération le délégué M. du CICR, le Consul de France, le délégué du CICR à Cali, J.-P., un québécois sympathique, notre pilote et moi dans le premier hélico. Dans le deuxième, G.M., un pilote pour le Bell- 212 car les otages ne seront peut-être pas en état de le faire voler, le pilote bien sûr et 100 gallons de combustible en jerrycans pour le Bell-212. Belle cible, peut-on penser.

On tarde à décoller, car il faut que le CICR à Bogota obtienne les ultimes autorisations et garanties des autorités colombiennes. Une heure de stress, l’opération aura-t-elle lieu? La presse nous filme. Finalement, on décolle.

On se pose à Pasto. est midi. Ballet des machines pour faire le plein. Impressionnant. Mais, appel de la guérilla sur téléphone cellulaire, ils sont nerveux; des avions de l’Armée viennent de survoler précisément la zone à trois reprises. Que faire? Conciliabules. On appelle Bogota. Les deux Consuls insistent, on y va; va-t-on manquer cette chance, si ce n’est pas aujourd’hui, combien de temps vont passer les otages? On a aussi hâte de voir I ‘opération se conclure et revenir : égoïstement à une vie plus. normale. Faut ‘ convaincre les FARC. Soudain, que voit- ; on? L’avion du Général P. se pose sur la piste. Coïncidence? Après une demiheure de palabres et avec l’assentiment aoe du CICR Bogota et de la guérilla, on décolle vers le superbe Cañon du Rio Patia. Que l’on découvre vite, argenté, a8 ; serpentant dans la vallée. Nos pilotes ; sont d’un flegme tout sauflatin

On atteint le premier point de rendez-vous. On se pose sur la rive. Facile, on a

posé une ‘grande croix faite de planches ae de bois pour nous indiquer lelieu. De plus, on allume une fusée éclairante, – quelle organisation. On se pose sur la. rive, sur les galets. On doit descendre ce il faut procéder à une vérification :. d identité des passagers. Des civils nous accueillent : tous les civils de la région, de toute façon, qu’ils le souhaitentou

pas, travaillent pour la guérilla. lls ont une liste de noms, vérifient, pendant que ‘tout le village nous regarde deses habitations sans fenêtre, silencieusement. On nous remet les coordonnées du

deuxième et vrai point de rendez-vous. On a hâte de voir nos compatriotes; finalement, après plus de trois mois, on a l’impression de les connaître déjà.

On approche du point, une Île moitié galets de plage moitié boue, et les seules personnes que l’on voit sont nos trois amis en combinaison orange au bord de la rive. Finalement, ça y est : on les rencontrera. Les hélicos se posent, curieux, pas de comité d’accueil. Soudain, dix guérilleros de la FARC apparaissent pour nous dire de monter à bord de chaloupes motorisées. Une fois sur la rive, on marche jusqu’au point de rencontre : une toile au-dessus de quelques chaises, cachée sous les arbres, près de la rive. On parle, en français, en anglais, en espagnol avec le Commandant C. qui nous souhaite la bienvenue et nous offre des rafraîchissements. Formellement, on nous lit le communiqué officiel qui souligne que l’on a dû procéder à des vérifications (faut-il y lire des négociations?) avant de pouvoir considérer la libération des otages (travaillent-ils pour la DEA?) et de l’appareil, pour des raisons humanitaires. N’oublions pas l’appareil qui représente une manne tombée du ciel pour eux.

Finalement, le délégué québécois, le mécanicien G.M., le pilote équatorien et plusieurs porteurs des jerrycans trongonneuses (la jungle

Les otages après leur libération, à Tumaco.
Les otages après leur libération, à Tumaco.

– eroît vite et il faudra abattre des arbres pour libérer 9 “(Heli se mettent en brante vers ce ‘hélico Bell -212. Il est bien caché, al environ une demi-heure de marche, mais en pente prononcée et dans la jungle épaisse. Riddell doit être de la partie car il a en poche des pièces essentielles de la machine qu’il a retirées pour que les FARC ne se servent pas de l’hélico. PG. se met en branle aussi car il veut filmer l’opération délicate de récupération du Bell-212. Prégent reste et nous parle des conditions de captivité. Pendant ce temps, qui durera trois heures, on a droit à une exposition de l’idéologie guérilla, à des sandwiches jambon-fromage, à une discussion avec le commandant des FARC sur son éducation et ses loisirs (va-t-il parfois en ville? Au cinéma? Non, jamais, trop dangeureux). Le Commandant C., qui est en constant contact radio avec ses supérieurs (les cellulaires ne fonctionnent pas) est d’ailleurs d’une pointure autre que les révolutionnaires locaux et on comprend pourquoi on l’a dépêché de son poste habituel pour mener l’opération. Tout ça est très éducatif mais M., le Responsable de l’opération, met en garde tout le monde: on quitte vers quatre heures ou quatre heures et demie de l’après-midi, hélico Bell-212 ou pas. La guérilla est d’accord : mauvais temps et risque d’intervention de l’Armée. Nos amis ont été bougés une seule fois, ce qui est contraire aux habitudes et ce qui prouve que la guérilla se sent confiante et contrôle vraiment ce coin (grand) du pays. Ils habitaient une cabane de bois, avec fenêtre et porte, en pleine jungle. Obscurité quasi permanente d’autant plus qu’il pleut à tous les jours. Chandelles et bougies de rigueur toute la journée. Ils mangent pâtes, riz et poulet, après avoir éliminé les vers. Pas d’alcool, les FARC sont moralement très puritains. Ils perdent du poids, les ravisseurs s’en émeuvent (faut protéger la marchandise, le rapt est une industrie de grande échelle en Colombie) et accèdent à leur demande de cuisiner eux-mêmes leur nourriture. On leur donne un poêle Coleman, grâce auquel ils pourront assainir eau et nourriture. Pas de lecture, de jeux, l’ennui. Par ailleurs, ils ne sont pas bousculés et retrouveront toutes leurs possessions, documents et argent à la libération. On les a dit fûtes. Ils font construire une piste de marche et d’exercice en V, signe international d’appel de secours lorsque vu des airs. Ils ne comprennent pas que leur appel Mayday n’ait pas donné lieu à une opération de sauvetage, donc ils planifient leur fuite. Ils percent une porte à l’arrière de la cabane (les FARC ne perquisitionnent jamais leur cambuse), s’échapperont par une nuit de pleine lune, fabriquent un pistolet de bois ss RQ ÙÙ ront des vêtements noirs, |. 1 Prévoientsecharbonner

sentinelle qui les garde, construisent des pagaies car ils comptent voler une embarcation et descendre le Rio Patia. Mais lorsque les éléments du plan semblent se mettre en place, on leur annonce leur libération prochaine.

Le délégué M. s’impatiente à voir 4 heures arriver. Il tente de rejoindre l’’hélico mais revient bredouille au bout de quinze minutes, le chemin dans la jungle est trop impénétrable. Soudain, on entend le bruit du Bell-212 qui se pose lentement sur l’Île. On se salue, reprend les chaloupes et finalement on décolle, direction Tumaco. Les deux consuls sont avec les trois otages qu’ils ne veulent pas perdre de vue bien sûr. Le ballet des trois hélicoptères qui volent en quasi-formation, impressionnant, le défilé constant des champs de coca, les ex-otages sourient beaucoup, enfin l’Océan Pacifique! On arrive à Tumaco, les otages communiquent tout de suite avec leurs familles par téléphone satellite de la Croix-Rouge, on appelle nos autorités et je cherche du fuel. J’appelle mon contact de la DEA, espérant rencontrer quelqu’un à l’aéroport pour arranger l’approvisionnement mais je comprends au bout de quelques minutes que le contact est à Bogota, que la DEA n’opère plus à Tumaco. Je me sens vraiment bien seul. Mais soudain, un type s’approche, en short, espadrilles, casquette de baseball de la police colombienne, anti-bruits autour du cou et m’annonce fièrement : Yo soy El jefe de combustibles. Je pourrais pleurer. Il me promet d’être là vers 6 heures le mercredi matin et de nous approvisionner. Vive la confiance.

On se dirige vers l’hôtel et je rassure mes deux Canadiens : « Nous serons tranquilles, personne ne sait que nous sommes ici, on nous croit à Popayan. » Erreur. J’arrange la distribution des dix chambres que je paie; autre cauchemar des vérificateurs. Lorsqu’ils feront l’audit de ma réclamation de voyage, ils verront également que j’ai réussi à être à deux hôtels dans deux villes différentes le même soir. On végète dans le lobby pendant que le trio se douche et prend une bonne bière. Les nouvelles de 19 heures : on annonce fièrement que nous venons d’arriver à Tumaco! Le DAS, la Police nationale, et l’Armée viennent nous interviewer. On barricade la rue devant l’hôtel. Mince, on va manger quand même. C’est alors que Riddell nous raconte sa conversation avec le guérillero qui ne savait pas et ne pouvait pas croire qu’un homme était allé sur la Lune; ceci illustre bien le manque d’instruction des hommes de rang (souvent recrutés par la force ou motivés par le seul solde mensuel d’environ 300 $US) ainsi que leur manque de contact avec le vrai monde; Riddell parle de la station spatiale internationale et le jeune lui demande si elle est faite… de bois.

On ne dort pas, et ce depuis quelques jours. A 5 heures le mercredi 31 juillet, on part vers l’aéroport. Le Jefe des combustibles est là, allelujah, en belle tenue complète et fait le plein de deux hélicos. Le Bell-212 restera sur place. Je signe les bons de livraison pour le fuel et nous partons vers Popayan. Il fait beau temps, on est heureux, personne ne nous tire dessus. Le DAS m’interview pour produire un rapport et l’Ambassade à Bogota contacte leur QG également pour faciliter la sortie de Prégent et de Riddell le lendemain; on doit fournir le plan de vol, expliquer pourquoi ils n’ont pas de sceau d’entrée, etc…. On s’énerve car on nous montre à la télé la meute de reporters qui nous attendent à l’aéroport Eldorado. Finalement, on s’y pose et je vois le véhicule de l’ambassadeur sur la piste; on file à l’anglaise, laissant les Français se débrouiller avec les média. La discrétion toute canadienne l’emporte.

À la Résidence officielle, les deux rescapés bouffent, se font examiner par un médecin canadien, se font interroger par des autorités policières, se font expliquer comment gérer leur rencontre avec les médias à leur arrivée au Canada. On vérifie leurs documents, on donne les dernières consignes. Le jeudi 1° août, on les met à bord d’un avion pour Mexico; ils seront au Canada le soir même.

La saga est terminée. Et l’incroyable histoire du blouson de G.M. Ii l’a oublié dans une chaloupe et n’a pu le récupérer car on était pressés de déguerpir. Il avait plusieurs milliers de dollars (pour payer le fuel de l’hélico à Tumaco, à Esmeraldas en Équateu r, entre autres), son passeport, son permis de mécanicien, et plusieurs autres documents importants. Le 20 août, un colis arrive pour le Consul S. qui contient le blouson de G.M. et tous les documents et argent. Après tout, on est entre gens bien, quoi.

Voir les pages numérisées d’origine →

Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 19, No. 4 (2003) — Winter/Spring 2002/2003 // Hiver/Printemps 2002/2003, pp. 4–8. Lire le reste de ce numéro →

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