bout de papier, Vol. 30, No. 3 (2018), pp. 2–3
LE PRÉSIDENT DE L’UNIVERSITÉ DE TORONTO, Méric Gertler, exposait récemment sa vision des compétences clés pour le monde du travail. La communication efficace, le travail d’équipe, la créativité et l’éthique figuraient en tête de lice, avant les habiletés techniques issues des disciplines STEM (sciences, technologie, génie et mathématiques, de son acronyme anglais) pourtant prisées.
Face aux bouleversements anticipés du travail, fruits d’avancées en robotique et en intelligence artificielle, les aptitudes humaines se distinguent. Ce sont à la fois des habiletés de proximité, celles du milieu de travail quotidien, autant que des habiletés d’innovation et d’adaptabilité.
que des habiletés d’innovation et d’adaptabilité.
Ce dernier ne condamnait pas les disciplines STEM, bien au contraire. La mission de l’UofT mettait en vedette des scientifiques de renom, travaillant à placer l’intelligence artificielle au service de la lutte aux changements climatiques, à travers le génie moléculaire. Le tableau voulait illustrer l’intégration, tant entre l’université et le monde des affaires, qu’entre la technique et une cause universelle. Le message donnait à réfléchir.
Sa livraison représentait de plus un standard de diplomatie publique rarement égalé. Certes il s’agissait des meilleurs des meilleurs, déployés pour une initiative de charme par une institution canadienne réputée. Devant la salle remplie d’étudiants prospectifs, ces chercheurs décorés ne brillaient pas par leurs prouesses théoriques, sinon par leur capacité de communication exceptionnelle, doublée de leur énergie, de leur créativité et du choix d’une cause.
Gertler was arguing that “international competency” was a rising skill, which would soon reach the top of the desirability list. A skill that combines openness, adaptability, intercultural sensibility, language skills, and a willingness to relocate for work. He might have been teaching at the Foreign Service Institute, but the backdrop was Mexico City, between the Canada-Mexico Chamber of Commerce and the embassy.
The international competency is not new, but its demand is broadening as its usefulness on the labour market expands.
LE PRÉSIDENT DE L’UNIVERSITÉ DE TORONTO, Méric Gertler, exposait récemment sa vision des compétences clés pour le monde du travail. La communication efficace, le travail d’équipe, la créativité et l’éthique figuraient en tête de lice, avant les habiletés techniques issues des disciplines STEM (sciences, technologie, génie et mathématiques, de son acronyme anglais) pourtant prisées.
Face aux bouleversements anticipés du travail, fruits d’avancées en robotique et en intelligence artificielle, les aptitudes humaines se distinguent. Ce sont à la fois des habiletés de proximité, celles du milieu de travail quotidien, autant que des habiletés d’innovation et d’adaptabilité.
que des habiletés d’innovation et d’adaptabilité.
Ce dernier ne condamnait pas les disciplines STEM, bien au contraire. La mission de l’UofT mettait en vedette des scientifiques de renom, travaillant à placer l’intelligence artificielle au service de la lutte aux changements climatiques, à travers le génie moléculaire. Le tableau voulait illustrer l’intégration, tant entre l’université et le monde des affaires, qu’entre la technique et une cause universelle. Le message donnait à réfléchir.
Sa livraison représentait de plus un standard de diplomatie publique rarement égalé. Certes il s’agissait des meilleurs des meilleurs, déployés pour une initiative de charme par une institution canadienne réputée. Devant la salle remplie d’étudiants prospectifs, ces chercheurs décorés ne brillaient pas par leurs prouesses théoriques, sinon par leur capacité de communication exceptionnelle, doublée de leur énergie, de leur créativité et du choix d’une cause.
Gertler was arguing that “international competency” was a rising skill, which would soon reach the top of the desirability list. A skill that combines openness, adaptability, intercultural sensibility, language skills, and a willingness to relocate for work. He might have been teaching at the Foreign Service Institute, but the backdrop was Mexico City, between the Canada-Mexico Chamber of Commerce and the embassy.
The international competency is not new, but its demand is broadening as its usefulness on the labour market expands.
notre diversité croissante : un respect mutuel, combiné à un désir d’entraide face à des circonstances communes. Quelque chose comme un sentiment de famille.
I remember the profiles on the Department’s website back when I bid to join. This was shortly after September 11, 2001. A political officer recounted his whirlwind work on that fateful day in London. A trade commissioner was jumping from one task to another: meeting clients, solving problems, synthetizing market intelligence, and networking prospectively. They both concluded “all in a day’s work.”
What these profiles underscored was the diversity of work. The exhilarating plurality of universes and tasks through which diplomats evolve daily. If one were to sketch similar profiles today, they would surely include social media. They might also mention pay issues, a case of failing technology and a reminder that you are late entering your results in the performance management interface. Less glamourous perhaps, but no less the reality.
The diversity of work has long been at the heart of the Foreign Service. Positions abroad conferred and continue to confer coherence onto activities that seem unrelated. One is an unmatched networker. Another has a talent to design projects that create innovative public diplomacy opportunities. A third can distill riveting reports from the most tedious topics. When someone combines several such abilities, we hail them as an accomplished professional or a “great diplomat”.
In popular culture, especially that of millennials, slashing embodies the juxtaposition of diverse abilities. The archetype refers to those whose professional identity is binomial, built around the slash that bridges apparently unrelated fields: video producer/accountant; dentist/editor; yoga instructor/physicist. More than accidentally combining these jobs, slashers see diversity as fundamental to how they relate to the economy. They value each side of their career for what it brings and what it demands. They are not looking for a monolithic path.
Many diplomats who left their mark on history seem akin to slashers. Victor Hugo and Thomas Jefferson were artists, entrepreneurs, scientists, and statesmen, in addition to being diplomats. These giants of eras past achieved recognition in different fields, which is truly outstanding. Most of us simply are in different fields today.
Dans une étude récente sur l’avenir du marché du travail, la Banque Royale du Canada rapprochait elle aussi des professions distinctes dans l’imaginaire en fonction du type d’habiletés qu’elles requièrent. Le but n’était pas d’expliquer Jefferson ou le s/ashing, mais plutôt d’évaluer qui risque de souffrir des disruptions prochaines du marché du travail.
L’avenir qui se prépare, caractérisé par une nouvelle vague de technologie intelligente, a été décrit comme « l’ère de l’algorithme » et « la 4° révolution industrielle » par des observateurs réputés comme le Pew Research Center. Selon l’étude, 50 pour cent des emplois au Canada seront affectés par cette vague de fond au cours de la prochaine décennie. « It used to be that the threat of automation was only for routine, répétitive forms of work such as Assembly Lines. Now, algorithms are building légal cases, replacing administrative assistants and taking customer services calls for major corporations », écrit la banque.
Les professions du Service extérieur — au pluriel — font partie des moins vulnérables, à cause du type d’habiletés qu’elles requièrent. Au contraire, notre profil de compétences sera en forte demande au cours de la prochaine décennie, toujours selon la RBC. Ce n’est peut-être pas un hasard si l’on constate déjà de nombreux départs de nos rangs intermédiaires vers des associations d’industrie, des incubateurs de technologie, tout autant que vers diverses agences publiques. La compétence internationale est valorisée.
Il y a plusieurs raisons, allant du personnel au systémique, qui expliquent que des diplomates décampent, mais je souhaite en souligner une reliée aux habiletés. Pour plusieurs, le retour à Ottawa représente un changement brusque, sinon une rétrogradation éteignoir. Quand nos habiletés multiples, déployées à l’étranger pour mieux voler, sont rabattues violemment sur un job unidimensionnel. Produire des notes. Ne rencontrer personne. S’enfoncer dans les dédales administratifs. Les cadres s’en tirent un peu mieux, mais une conclusion s’est depuis longtemps imposée à l’effectif : pour aimer le Service extérieur, il faut aimer faire au moins deux boulots distincts, dont l’un est d’être fonctionnaire.
Bien que demeurer en poste permette de se soustraire à la bureaucratie — ce qu’une minorité réussit à faire — ce n’est pas l’unique façon de continuer à vivre une pluralité de défis. Nos collègues sédentaires savent combien un emploi de fonctionnaire peut être combiné à d’autres engagements. C’est peut-être un de ses charmes … Je compte d’ailleurs, parmi les gens les plus accomplis que je connaisse, bon nombre de fonctionnaires qui se dépassent dans un binôme « fonctionnaire / “autre” » inspirant, dont l’originalité n’a de limite que notre code d’éthique.
En mission, la diversité du travail est endogène. À Ottawa, elle se révèle exogène. Se mouvoir d’un espace à l’autre exige une autre forme de flexibilité qu’il nous incombe aussi de maîtriser, pour notre propre satisfaction.
Les textes de ce numéro encadrent ma réflexion. François LaRochelle évoque l’exotisme de l’Égypte du temps où le diplomate était un des rares personnages à traverser les frontières. On prend ainsi la mesure du changement d’époque. Jeannette Menzies relate les efforts du gouvernement pour créer un pôle de recherche dans l’Arctique canadien. Bien que ce territoire soit interne à notre pays, les aptitudes diplomatiques en facilitent la découverte. Sabrina Yoong présente quatre portraits d’agents de gestion/consulaire, un groupe à l’identité professionnelle divisée. À coup d’humour et d’anecdotes, Jade Puddington illustre le questionnement qu’affrontent ceux d’entre nous qui choisissent d’élever leurs enfants à l’étranger. Enfin, les photographes du Service extérieur, au talent maintes fois avoué, reflètent la poésie de nos situations.
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