bout de papier, Vol. 18, No. 1 (2001) — Spring 2001 // Printemps 2001, p. 8

Le doyen d’âge des chefs de mission du Canada à la retraite n’est plus. L’ami Fulgence s’éteignait après une vie bien remplie à l’âge avancé de cent trois ans, sept mois et douze jours. Deux de ses fils, Georges et Pierre, de regrettée mémoire, et comme lui, anciens ambassadeurs du Canada à l’étranger, l’avaient précédé dans la tombe en 1989.

Il était entré tard dans la carrière, ayant été, après avoir complété ses études de droit à Osgoode Hall, tour à tour journaliste, courriériste parlementaire, traducteur de débats à la Chambre des communes et directeur du bureau de la Censure en temps de guerre. C’est à l’ambassade du Canada à Paris qu’il fit ses premières armes dans la diplomatie à titre d’attaché culturel. Le ministère des Affaires extérieures du temps eut tôt fait de se réclamer à nouveau de ses services pour lui confier, successivement et à titre de chargé d’affaires, la gérance de nos missions en Uruguay (1953), au Brésil (1956) et à Haiti (1957). Après quelques années de stage au Ministère comme titulaire de la direction des Passeports, notre ami retournait une fois de plus à l’étranger, cette fois-ci comme premier ambassadeur résidant du Canada en Afrique francophone. lettres de créance l’accréditaient alors (1962) auprès des chefs d’état du Cameroun, du Chad, de la République centrafricaine et du Congo (Brazzaville). Il devait y demeurer jusqu’au terme de sa carrière au Ministère en 1965.

Une fois rentré au pays, l’ami Fulgence revenait à ses premiers amours à titre d’éditorialiste, puis de pigiste, enfin, de chroniqueur au journal Le Droit. Il écrivait sa dernière chronique au début de 1999, ayant alors dépassé le cap des 101 ans.

On a souligné de lui la finesse, l’intelligence et la bonté. Féru d’histoire et de littérature, il s’exprimait dans une langue claire, précise et élégante. Fier de ses origines franco-ontariennes (il était né à Sainte- Anne-de-Prescott le 29 juin, 1897), il servit dignement ses compatriotes à la mairie d’Ottawa, d’abord comme échevin, puis comme leur représentant au bureau des Commissaires de la ville.

C’est à tous ces titres que le Canada et la France lui accordaient leur plus haute décoration.

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Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 18, No. 1 (2001) — Spring 2001 // Printemps 2001, p. 8. Lire le reste de ce numéro →

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