bout de papier, Vol. 31, No. 1 (2020), pp. 4–5

ON 11 MARCH I WAS HALFWAY through what was supposed to be the first draft of this piece. I was writing about my work as PAFSO’s first full-time President, which has included conducting the first strategic review in our organization’s history and working with our new Executive Director to improve our governance and agility. The big news, I thought, was our plan to put bout de papier on hiatus to revamp and relaunch it in early 2021.

Mais, la crise de la COVID-19 nous guettait au tournant et devait déferler sur nous le 13 mars. Nous avons décidé de fermer les bureaux de l’APASE aux visiteurs et d’affecter le plus grand nombre d’employés possible en télétravail à la maison. La ministre de la Santé nous a ordonné de pratiquer la « distanciation sociale » et de ne quitter la maison que pour des activités essentielles.

Une semaine plus tard, le ministre des Affaires mondiales avait sommé tous les voyageurs canadiens de rentrer au pays : qu’ils le pouvaient encore, et AMC avait ordonné ation obligatoire à l’échelle mondiale des employés ersonnes à leur charge vulnérables.

A few days later, GAC gave Heads of Mission in 72 dangerous posts authority to order the repatriation of non-essential staff and dependents. Nearly 1,000 of our members and their dependents returned to Canada on 72 hours’ notice or less. By 16 March, Canada had banned entry to all noncitizens and restricted international arrivals to only four airports across the country. On 18 March, Prime Minister Justin Trudeau announced the closure of the Canada-US border for the first time since Confederation.

Other nations took similar measures, closing borders and shutting down airports, and by 23 March, almost one million Canadians and permanent residents had come home. Thousands more were left stranded.

Au moment d’écrire ces lignes, les membres de l’APASE et leurs collègues continuent de travailler sans relâche dans les missions et à l’étranger, à la maison, en quarantaine et dans les bureaux afin d’assurer le bon fonctionnement des opérations cruciales et d’aider les Canadiens. Le Centre de surveillance et d’intervention d’urgence d’AMC a répondu à plus de 10 000 appels et 35 000 courriels de voyageurs désespérés.

Dans les circonstances, il est impossible de savoir ce qui sera pertinent dans les quelque huit semaines qu’il faudra pour la parution du présent numéro de bout de papier, mais peut-être que mon message adressé à l’avenir servira de rappel de ce qui était jugé important aujourd’hui.

Many of us comfort ourselves with the reminder that the world has seen worse pandemics, although not since influenza took the lives of 75 million people in 1918. Thanks to better public health education, and mass communication to help mobilize populations to take part in social distancing, this one is likely to kill far fewer people, despite its lethality.

What we have never seen is the kind of economic shutdown that today’s governments have imposed in their efforts to combat COVID-19 or the release of resources by major economic powers as they seek to cushion the impact.

Dans le bon vieux temps, c’est-a-dire il y a une semaine ou deux, certains Canadiens se cramponnaient peut-être à l’espoir que la pandémie puisse nous épargner complètement. Nous avions peu de personnes affectées en comparaison de pays comme la Chine et l’Italie, mais, à partir de la mi-mars, les chiffres ont grimpé. À l’heure actuelle, nous sommes tous et toutes engagés dans un effort massif de solidarité sociale afin d’« aplatir la courbe » et de maintenir le nombre de cas à moins de 200 par 100 000 personnes de manière que nous puissions protéger nos populations vulnérables et éviter que nos hôpitaux soient débordés.

By the time you read this, you’ll know if we succeeded. You might also see whether we’ve managed to maintain our solidarity.

Everyone is seeking certainty, but there’s simply none to be had.

Disasters have a way of shaking up the status quo. An unprecedented event requires a unique response that will not — and should not — come quickly. When disruption shifts a population’s sense of identity and priority, profound personal, institutional, and even national change can be possible.

Contemporary history gives us many examples of disaster testing regimes, including Hurricane Katrina in the US, when the Bush Administration was held responsible for what many voters saw as an inadequate, even racist response. In Mexico City in 1985 and Managua in 1972, weak government responses led to the end of one-party government and garnered popular support for what would become the Sandinista revolution. Mikhail Gorbachev attributes the collapse of the Soviet Union not just to his launch of perestroika but to the meltdown of Chernobyl.

Les gens dont les vies sont bouleversées sont peu enclins a accepter un statu quo qui ne fonctionne pas. Au cours des deux dernières semaines, l’inimaginable s’est déjà produit à maintes reprises. La grande majorité de l’économie s’est effondrée, nous nous sommes repliés à la maison, et le gouvernement s’est engagé à injecter des milliards de dollars dans de nouveaux programmes sociaux afin d’aider à atténuer l’impact.

We have entered a period that will sorely test individuals and institutions, and some are passing the test better than others. So far, I have seen the members of Canada’s professional Foreign Service respond with competence, compassion, and genuine care for each other as well as those we serve. In the immediate aftermath of the crisis, I have been proud to see how quickly PAFSO members mobilized to help stricken Canadians, keep critical government operations moving, and help each other care for their families and loved ones. Many of our members remain at missions abroad, serving Canadians even as they face their own fear and exhaustion.

Cette crise, toutefois, a fait ressortir les lacunes résultant de décennies d’érosion du service extérieur professionnel. Nous sommes un pays du G7 et, pourtant, nous venons au 18e rang pour ce qui est de la représentation diplomatique à l’étranger, loin derrière l’Argentine, le Mexique et les Pays- Bas. Nous avons 120 ambassades et 179 consulats, dont bon nombre ne comptent que 2-3 employés canadiens soutenus par du personnel dévoué recruté sur place. À tout moment, il y a bien moins d’un millier de diplomates canadiens à l’étranger. Bref, nos effectifs sont surtaxés, même dans les meilleures conditions.

As our Management Consular and Immigration Officers do the heroic work of repatriating tens of thousands of stranded Canadians and permanent residents, they were hampered by our low staffing levels even before the necessary evacuation of vulnerable and non-essential personnel. At headquarters, numbers are similarly small, and much of Global Affairs Canada has now been re-tasked to support the consular effort.

Our Trade Commissioner colleagues are being called on, not only to convince airlines to arrange flights but also to shore up the crucial supply chains for life-saving drugs and medical equipment in the face of closing borders and widespread economic shutdown. Much of this work relies upon relationships and contacts that take time, effort and human interaction to build.

Les agents politiques et les chefs de mission comptent sur leurs contacts locaux et la bonne volonté du gouvernement hôte ou, parfois, des autorités militaires pour obtenir l’accès aux espaces aériens fermés. Pour les persuader de faire une exception dans le cas des vols d’évacuation canadiens, ils doivent racheter des faveurs et convaincre leurs homologues de lever temporairement le confinement. Tout comme nos collègues de l’Aide internationale, ils œuvrent aussi à évaluer les incidences politiques, économiques et sociales à long terme de la crise sur les intérêts Canada et sur les plus démunis partout dans le monde.

Ce genre de diplomatie est difficile et repose sur des liens, une compréhension et des rapports personnels préétablis. Le fait qu’un grand nombre d’ambassades ne comptent que sur un seul agent politique canadien, souvent accrédité auprès de multiples pays à la fois, n’est qu’un des nombreux obstacles qui rendent leur tâche plus difficile à cet égard.

As the Foreign Service officers who remain struggle with exhaustion, illness, and worry about friends and family, those at headquarters face their own set of uncertainties. The massive reorientation of resources towards consular services means fewer people to do the important work of assessing the long-term impact of the crisis and the likely reactions of our enemies and, perhaps equally importantly, our allies.

By the time you read this, you will know whether or not our massive acts of national and international social solidarity have made a dent in the virus.

Perhaps this catastrophe will help us define what is essential by allowing us to imagine profound change in a world where so much has been altered by forces beyond our will. Perhaps reinvestment in critical infrastructures, such as our health care systems and our Foreign Service will be part of these redefined priorities.

Nous en sommes à un point de l’histoire où rien n’est coulé dans le béton. Nos actes auront de lourdes conséquences et ils dépendront de la façon donc nous interprétons les événements et des valeurs que nous chérissons dans une période de bouleversement choquant.

Il y a toutefois une chose dont je suis certaine : le rôle et la contribution du service extérieur professionnel seront importants pour la suite des choses.

Originally published in / Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 31, No. 1 (2020), pp. 4–5. Read the rest of this issue / Lire le reste de ce numéro →

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