bout de papier, Vol. 24, No. 4 (2009) — Winter 2009 // Hiver 2009, pp. 13–17

ais qu’est-ce qu’une épouse d’ambassadeur Canadien peut- Mi. bien faire pendant son séjour dans un autre pays?
Sa responsabilité et son devoir sont très certainement de représenter au mieux son pays et, idéalement, de le faire en mettant à profit ses talents et ses capacités auprès de la population locale. Infirmière, secrétaire, professeur, scientifique ou musicienne!
A mon arrivée en république d’Equateur, fin juillet 2006, j’ai découvert de nombreuses institutions musicales dans ce pays de l’Amérique équinoxiale et j’ai découvert une puissante tradition musicale construite au fil de presque cinq siècles de fusion culturelle entre la culture hispanique et celles des nombreux groupes indigènes, réalité que l’on interpelle ici par le vocable de « métissage ». On retrouve cette réalité partout dans la quotidienneté, d’abord chez le peuple lui-même, dans leurs manières de vivre, dans l’alimentation, dans l’architecture et dans toutes les formes d’art! Cette caractéristique, longtemps rejetée par la classe dominante, est devenue une véritable source de fierté et même d’identité nationale dans ce pays qui fut, jusqu’en 1534, l’épicentre de l’empire Inca.
Rapidement après mon arrivée, plusieurs de ces institutions m’ont invitée à les joindre pour amorcer une collaboration. Je n’aurais pu deviner quelle ampleur cette association prendrait en ces premiers jours de septembre 2006 lors de ma première visite au patron de la fondation du Teatro Nacional Sucre (Théâtre national Sucre), aux dirigeants du Brass Band de l’Équateur, ni lors de mes premières rencontres des directeurs musicaux de l’Orchestre métropolitain de Quito, de l’orchestre provincial de Pichincha (province où se trouve la capitale nationale) ou encore des orchestres symphoniques de Guayaquil (métropole industrielle du pays de 4,5 M d’habitants) et de Cuenca (fabuleuse ville du centre du pays et proclamée patrimoine de l’humanité tout comme la capitale Quito).
Et que dire de ma découverte de ce trésor national, l’Orchestre national des instruments andins (OIA), modelé sur la structure d’un petit orchestre symphonique mais dont chacune des sections est assumée par la panoplie formidablement diversifiée des instruments andins, à vents, à cordes et percussions. Rien de folklorique, presque tous les musiciens de cet orchestre sont de véritables virtuoses et il comporte un nombre impressionnant de compositeurs et arrangeurs. Aucun autre orchestre de cette envergure n’existe ailleurs dans les autres pays Andins. Orchestre fondé il y a 20 ans par Patricio Mantilla Ortega, j’ai eu l’honneur de devenir la première directrice musicale invitée de ce joyau musical et qui plus est, orchestre composé que par des hommes! Il fallait voir leur réaction la première fois que je suis montée sur leur podium. Nous avons tricoté depuis, un lien professionnel et amical d’une grande profondeur. Je n’en suis pas peu fière! Surtout, j’ai travaillé main dans la main avec Patricio. J’ai dirigé la grande majorité des nombreux concerts avec cette formation en alternance avec son directeur-fondateur, produisant ainsi des concerts diversifiés en style et en performance.
En deux ans et demie de travail, j’ai monté et dirigé 38 concerts avec ces 6 orchestres (incluant 4 formations chorales du pays) dans 8 villes dont 16 théâtres et grandes places. Mon lieu de résidence plus permanent fut et demeure encore le Théâtre national Sucre où son directeur général et mon ami, le maestro Julio Bueno, m’accueille et me fait partager les saisons musicales avec les directeurs Jorge Oviedo et Patricio Mantilla Ortega.

Et le Canada dans tout cela?
Sur ces 38 concerts réalisés dans ce pays, j’ai eu le grand privilège d’y introduire un très grand nombre d’œuvres de compositeurs du Canada grâce à une collaboration de Mireille Gagné, directrice du Centre de musique canadienne au Québec et plusieurs de ses collègues d’ailleurs au Canada. Mon partenariat avec Mireille remonte au temps de mes activités orchestrales et chorales à Paris entre 1994 et 1998. Ceci nous a conduit à diffuser pour la première fois en Amérique latine une panoplie d’œuvres remarquables de compositeurs canadiens provenant d’un océan à l’autre, de l’émouvante Jean Coulthard jusqu’au plus diversifié Scott MacMillan en passant par la puissante profondeur de Steven Gellman et la référence absolue de Guillaume Couture.
J’ai dirigé ce concert singulier avec l’Orchestre Symphonique de Guayaquil, intitulé « 100 ans de musique symphonique du Canada », presque le jour même de la célébration du centenaire de la naissance de Jean Coulthard. Ce très bel orchestre symphonique, en tournée européenne en ce début 2009, m’a rendu la « Mosaïque canadienne » de la grande dame de la musique de Vancouver de manière fine et émouvante. Des critiques musicales nous ont déclaré avoir eu l’impression, en écoutant cet œuvre, d’un survol du Canada à dos de bernaches. Étudiants et étudiantes en musique du Canada, écoutez et apprenez les œuvres de la grande Jean Coulthard. Et surtout, diffusez-les!
J’ai passé toute ma carrière à monter et à diriger des orchestres de jeunes ainsi que de nombreuses chorales sur plusieurs continents. Je me suis concentrée sur la formation des jeunes dans un apprentissage bien discipliné de la musique. Sur ce plan, je m’affiche dans l’esprit de la continuation du travail amorcé par Guillaume Couture au XIXième siècle au Québec. D’ailleurs, l’un de mes principaux maîtres de direction musicale à l’Université d’Ottawa, Miklos Takacs, a fondé en 1982 à Montréal le « Chœur Guillaume Couture ». Diriger « Rêverie » de Couture m’a permis de toucher une corde sensible et commune au romantisme culminant de cette époque formée de valeurs similaires qu’on y retrouvait dans nos deux pays. Les Équatoriens se sont reconnus dans cette fresque symphonique de 1875, magnifique image sonore de l’impressionnisme naissant.
Finir ce tour d’horizon d’un siècle symphonique canadien avec le « Jaya ouverture » du très contemporain Steven Gellman fut une belle démonstration de la grande maturité des compositeurs canadiens hérités d’un grand labeur et d’un long cheminement depuis Couture. Diriger cet œuvre de Gellman comporte un niveau maximum de satisfaction sur tous les plans pour un directeur musical. Cet œuvre va certainement entrer au répertoire des grands ouvrages classiques universels. Tout ce que je peux conseiller aux étudiants et étudiantes au Canada, c’est de faire tout votre possible pour être en contact avec ce formidable compositeur. Profitez de sa présence pour assister à ses cours ou ses ateliers. Cette nouveauté en Équateur a été accueillie avec bonheur tant par les musiciens des orchestres symphoniques de Cuenca et de Guayaquil que par les audiences qui en ont bénéficiée.
Dans chacun des deux concerts avec ces orchestres symphoniques, nous avions toujours également la préoccupation d’offrir à l’auditoire, une sorte de grande fresque du Canada, une image sonore représentative du pays. A Cuenca, j’ai eu l’honneur d’offrir « l’Ouverture canadienne » de la Montréalaise Anne Lauber. Cet œuvre est une fascinante peinture sonore de l’immense diversité canadienne. Elle fait appel, dans cet ouvrage musical, tout comme le fait Coulthard dans sa « Mosaïque », à des évocations du folklore canadien. Musique sensible, bien structurée et magnifiquement intelligente.
Je remercie le Centre de musique canadienne pour avoir facilité l’apport des partitions de ces œuvres ainsi que la généreuse permission donnée par les compositeurs ou leurs héritiers légaux pour me permettre d’introduire cette musique du nord en plein cœur du milieu du monde dans la grande famille des Amériques.
Unir musicalement l’époque baroque Italienne aux Amériques septentrional, austral et équinoxial!
Au début de l’automne 2007, j’ai proposé au directeur général du Théâtre national Sucre d’Équateur de monter avec l’Orchestre national des instruments andins (OIA) les 4 saisons de Vivaldi et les 4 saisons de Piazzolla. Pour ces dernières, nul problème car l’OIA venait d’en proposer de nombreux extraits lors de leur tournée estivale en Allemagne. Mais l’œuvre de Vivaldi, à part une interprétation de courts extraits adaptés voilà quelques années par leur contrebassiste et arrangeur Enrique Sanchez de la Vega, était pleine de défi! Cet œuvre de Vivaldi n’avait jamais été montée dans son intégralité pour instruments andins et de plus, j’insistais que le tout soit joué avec un violoniste solo afin de préserver la couleur mélodique originale.
La partition de Vivaldi a été arrangée par le brillant compositeur et arrangeur Wilson Haro Lopez et celle de Piazzolla par le tout aussi brillant Sanchez de la Vega. Le pari était lancé et accepté par les autorités du Théâtre national. J’ai fait appel au formidable couple de violonistes canadiens David Stewart et Paule Préfontaine de mon Alma mater, soit la faculté de musique de l’Université d’Ottawa. Ces grands musiciens ont pu intégrer ce projet dans leur horaire folle d’une fin d’année 2007 qui s’enchaînait de suite sur une année 2008 toute aussi active, terminant ici au milieu du monde avant Noël pour se rendre ensuite à Bergen en Norvège et la Chine et le Japon. Essoufflant juste à y penser!
Interpréter les huit saisons de Vivaldi et de Piazzolla a quelque chose de très physique aussi, voire olympique pour les musiciens et les directeurs musicaux. Si son intensité invite l’auditeur au repos, son exécution, elle, vous vide d’énergie comme peu d’autres œuvres le feront. De plus, nos violonistes ont eu à se frotter à la réalité d’une prestation à une altitude de plus de 2 800 mètres. La petite semaine de répétition ne fut pas de trop pour l’adaptation. Et que dire de la fusion de ces sonorités somptueuses.

LOIA est formé de trois grandes familles sonores : les vents, les cordes et les percussions. Tant leurs noms, leurs formes que leurs sonorités sont d’un exotisme total. On retrouve chez les vents des quenas, quenillas, pitos, flautas de pan, rondador, pinguillos, ocarina, palla, bocina et silbatos pré-Colombiens, les zampoñas et les trompetas andinas. Les cordes nous offrent le charango, le bandolin, le tiple, la guitare, le cuatro, la contrebasse et la harpe diatonique ou dite Paragueyenne. Le tout complété par deux catégories de percussions, l’une dite mineure et l’autre majeure où l’on retrouve le fameux bombo, le redoblante, marimba, congas, bongoes, Cajon du Pérou et bomba équatorienne. Et de nombreux autres dont les caractéristiques et définitions sont faciles à trouver sur de nombreux sites Internet sous le vocable d’« instrumentos andinos ».
Les musiciens de cet orchestre n’ont rien de la sonorité folklorique de ceux que l’on retrouve partout dans les campagnes andines. Orchestre unique au monde, ses quelques 40 membres sont presque tous des virtuoses qui ont poussé très loin la justesse et la maîtrise sonore de leur instruments, donnant ainsi une couleur et une texture étonnante à l’ensemble. Cet orchestre peut interpréter des centaines d’œuvres de grands classiques, de Bach à Villa-Lobos avec une clarté limpide. Mais je dois admettre que le résultat sonore est sans doute celui qui convient le mieux à la texture baroque du type Vivaldi.
Les 14 et 15 décembre 2007, au Théâtre national, les 4 saisons ont été jouées en ordre du printemps jusqu’à l’hiver, en alternance Vivaldi-Piazzolla ainsi que les directeurs musicaux. J’ai monté le Vivaldi et le directeur titulaire de cet orchestre, mon camarade Patricio Mantilla Ortega, s’est chargé du Piazzolla. Chacune des saisons a été introduite par les textes de Georges- Michel Darricades, décrivant chacune des saisons à compter de la poésie de Michel-Ange gravée sur la pierre et celle de Vivaldi imprimée sur la portée musicale. Ces textes ont été lus de la voix rauque et si chaude de l’ancienne Ministre de l’Éducation d’Équateur, Rosangela Adoum, fille du géant de la littérature équatorienne, Jorge Enrique Adoum.
Ces concerts nous ont véritablement permis de construire un pont temporel musical d’une grande pertinence et intensité ainsi qu’une fusion culturelle sur les quatre points cardinaux. La fougue du jeu de Paule Préfontaine dans Vivaldi alimentait l’élan et l’enthousiasme des instrumentistes du milieu du monde. La gaieté et l’intensité du jeu de David Stewart dans les Piazzolla accrochaient le nerf culturel de l’audience qui se levait debout à la fin de chacune des saisons!
Pas étonnant que de nombreuses personnes nous parlent encore de ce concert singulier qu’ils n’ont pas oublié.
Long parcours du Canada à travers ses compositeurs
Quoi de plus satisfaisant que d’introduire à d’autres personnes quelque chose que l’on admire, une belle sculpture, un tableau de maître, son époux, ses enfants et aussi sa belle maison que l’on a mis des années à construire et à configurer à son goût? Alors, imaginez, offrir à une population étrangère, située à 8 000 kilomètres de votre pays, des dizaines d’œuvres musicales provenant de compositeurs canadiens de Halifax à Vancouver!
Oui, j’ai bel et bien eu ce grand honneur d’offrir ces formidables musiques du nord à des milliers et des milliers d’auditeurs du centre de l’Amérique latine. Cette Amérique équinoxiale, jadis le principal centre de l’empire Inca, cette République d’Équateur si attachée à la musique qu’elle est presque devenue une manière de vivre, une manière de penser ou de se comporter! Dans les dizaines et les dizaines de pays du monde qui me fut donné le plaisir de visiter ou même d’y vivre dans certains cas, je n’ai jamais rencontré un autre endroit comme l’Équateur où l’on retrouve autant de maires, de députés, d’ingénieurs, de médecins, de professeurs ou même un ministre qui tous et toutes s’installent sur une guitare ou autre instrument musical et vous exécutent un air connu ou une chanson de folklore avec un aplomb à vous couper le souffle. Dans une même journée, dans une seule et même province, deux maires et leur Premier ministre nous ont fait chacun l’honneur de nous exécuter une chanson digne des plus belles séductions romantiques. Dans la somptueuse ville andine de Loja, au sud du pays, réputée capitale de la musique, une rumeur voudrait que la moitié de la population y joue d’un instrument et l’autre moitié, loin de se contenter d’écouter, aurait tout au moins essayé laborieusement d’y jouer! En tous les cas, cette zone a produit un nombre incalculable de musiciens célèbres et d’importants compositeurs passés à l’histoire nationale.
En trois saisons musicales passées en Équateur, sur 38 concerts donnés avec six orchestres et quatre chœurs dans une quinzaine de théâtres et grandes places publiques, plus de la moitié contenaient des œuvres de compositeurs canadiens. Pai déjà parlé abondamment de mon concert thématisé sur les 100 ans de musique symphonique du Canada avec le bel Orchestre symphonique de Guayaquil, métropole du Pacifique nord et dans la ville patrimoniale de Cuenca et son fort sérieux orchestre. Les sonorités canadiennes ont imprégné les cœurs de ces latinos rompus aux couleurs musicales d’ailleurs.
D’autres expériences dignes de mention devant l’Orchestre métropolitain de Quito. Et encore celui de la province de Pichincha, en baguette partagée avec son regretté chef et si bon ami, Richard Anton, qui m’avait adapté pour son grand orchestre les « Quatre fantaisies sur thèmes folkloriques canadiens » de Robert Fleming de Saskatchewan. L’audience avait hautement apprécié ce véritable bouquet d’évocations identitaires de notre grand pays, une magnifique fresque des quatre grandes régions du Canada. J’ai reçu de nombreux témoignages de personnes qui, au cours de ces concerts, eurent l’impression de voyager à travers nos grands espaces.
Jai pu faire entendre de nombreux autres genres musicaux venant du Canada grâce aussi à mon travail avec le Brass Band de l’Équateur. Type d’orchestre formé que d’instruments de cuivre, genre que l’on retrouve que rarement au Canada et qui tient son origine en Grande Bretagne de la fin du XIXème siècle. Ce bel ensemble orchestral, fondé à la fin du XX*M® siècle par un étudiant émérite de trompette du grand Maurice André, le très discipliné Jorge Pachacama, a déjà tout un parcours à son actif dans plus d’une demie douzaine de pays, dont la Suisse, la Grande Bretagne et les États-Unis. J’ai pu monter, au fil de plus d’une dizaine de concerts avec cette formation remarquable, de nombreuses œuvres de Canadiens. D’abord la somptueuse « Rose Nuptiale » de Calixa Lavallée, musique qui vous donne envie d’assister à un mariage dans le plus grand des styles! Cet auteur de notre hymne national est sans doute le premier compositeur canadien à avoir mis les pieds en Amérique du sud. Il a produit de nombreuses œuvres relativement méconnues et d’un grand esthétique sonore. Nous avons proposé devant plusieurs publics fort réceptifs des œuvres de Morley Calvert, entre autres, ses « Three Dances Impressions » et sa « Suite From Monteregian Hills », belles musiques respirant les espaces et les valeurs traditionnelles des Canadiens. Les musiciens de ces trois orchestres ont également apprécié leur expérience avec le singulier « Détours » de Gilles Bellemare et le « J went to the market » de Donald Patriquin. Le public latino-américain a parfaitement saisi tout l’humour de cette dernière œuvre.
La faculté de musique de l’Université d’Ottawa m’aura encore procuré les moyens nécessaires d’un beau projet de coopération musicale, apportant ainsi une superbe contribution au développement institutionnel du Brass Band de l’Équateur. Cette institution musicale est en fait une sorte de conservatoire privé dédié à l’apprentissage et à la diffusion de la musique orchestrale pour instruments de cuivre. Plus d’une centaine de jeunes équatoriens y suivent quotidiennement leurs cours d’instrument ainsi que d’autres disciplines musicales académiques. Le seul critère d’admission est le choix de jeunes disciplinés, volontaires et doués. Pour s’assurer de ce dernier facteur, on va souvent étirer le temps des épreuves du faire valoir jusqu’à six mois d’essai. Le résultat net est que l’on se retrouve avec une communauté fort homogène d’une jeunesse dotée d’un dénominateur commun évident : la combinaison du talent et du travail. L’engagement personnel de chacun est bien présent dès le premier contact avec cet ensemble des plus intéressants. Le public équatorien s’étonne à chaque concert auquel il assiste de savoir que leur pays a pu produire un tel niveau d’excellence!
Lorsque le Brass Band d’Équateur se présenta en concert à la célèbre école Duke Ellington de Washington, le corps professoral qui assistait à la représentation se demanda bien où a-t-on pu produire un tel phénomène d’orchestre juvénil doté d’un aplomb aussi saisissant. Il en sera de même lors de leur passage au Juilliard School of Music de New York. Le petit Kevin Guerra ira, en 2006, à l’âge de 11 ans, effectuer un Master Class de trompette avec Maurice André. Le grand maître, habitué plutôt à recevoir les premières trompettes des orchestres du monde entier, sera ému du talent de Kevin! De nombreux autres membres de cet orchestre fort singulier, se retrouveront au fil des dernières années, en stage auprès des plus grands maîtres du monde, partout aux États-Unis, en Grande Bretagne, en Suisse, en France, en Allemagne et en Italie.
Février-mars 2008, c’est au tour de Estefania Campania et Cesar Lahuatte d’être reçus en stage de perfectionnement par le grand Daniel Gress de la faculté de musique de l’Université d’Ottawa. Le programme de formation et d’insertion musicale que recevront les deux étudiants équatoriens sera d’une grande intensité et d’une immense qualité. Les intéressés déclareront, à leur retour, que leur programme de quatre semaines au Canada leur aura fait passer à un horizon totalement nouveau par un progrès technique déterminant sur leur instrument, une dynamique renouvelée en musique orchestrale et de nouvelles dimensions quant aux approches pédagogiques vis-à-vis des plus jeunes dont ils ont la responsabilité de guider le progrès. Les deux étudiants ont été hautement appréciés à la faculté par leur haut niveau de maturité musicale et personnelle et par leur degré de préparation avec lequel ils se sont pointés à l’Université d’Ottawa. Ils s’étaient en effet préparés en vue de prodiguer aux étudiants de la faculté, un séminaire fort élaboré sur la musique de leur continent et celle de leur pays en particulier. Le tout était illustré de quelques démonstrations de musique de chambre sur leurs instruments, au grand plaisir de leur auditoire. À leur retour, ils ont préparé un rapport écrit détaillé de leur programme de formation reçu ainsi qu’une présentation électronique qu’ils ont partagée avec tous les étudiants du Brass Band de l’Équateur. Un formidable exemple de coopération musicale international bien tempérée et surtout faisant preuve d’une grande pertinence, contribuant ainsi au progrès de l’institution et des individus qui la composent. Un grand merci à Daniel Gress, à tout le corps enseignant de la faculté pour leur immense générosité et pour l’hospitalité affectueuse et amicale dont ont fait preuve les étudiants de cette belle faculté de musique d’Ottawa.
La messe québécoise de Pierick Houdy
Compositeur canadien d’origine française, Pierick Houdy (1929) a composé la Messe pour chœur et petit orchestre comprenant un violon, orque, contrebasse et cuillères au début des années 1970. Houdy a truffé cet œuvre de tous les éléments qui font des Québécois ce qu’il sont en terme de fusion culturelle. J’ai alors proposé de monter cet œuvre pour le VITI*”® Festival International de Musique Sacrée de Pâques 2009 en Équateur où des musiciens de 13 pays proposeraient plus de 45 concerts échelonnés sur 15 jours. À plusieurs mois d’avis, j’ai monté avec deux arrangeurs l’œuvre pour l’Orchestre national des instruments andins et deux chœurs. Les pulsions clairement françaises, amérindiennes et celtiques que nous offre cet œuvre a créé une fusion culturelle formidable dans laquelle le public latino-américain s’est magnifiquement reconnu. Des trois représentations données au théâtre national et dans deux églises jésuites, celle proposée à la célèbre église de la Compania de Jesus fut d’une grande intensité par l’ambiance créée dans ce lieu exceptionnel. CNN a demandé la permission d’en diffuser des extraits dans le monde entier et le concert fut diffusé à la télévision internationale partout aux États-Unis et en Espagne.

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Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 24, No. 4 (2009) — Winter 2009 // Hiver 2009, pp. 13–17. Lire le reste de ce numéro →




