bout de papier, Vol. 8, No. 3 (1991) — Summer 1991 // Été 1991, p. 33

À bien des égards, faire évaluer ses oeuvres d’art et objets précieux importe autant que de les assurer.

Les compagnies d’assurance exigent des preuves de plus en plus détaillées de propriété, d’authenticité, de description et de valeur. Par ailleurs, ni la police, ni les compagnies d’assurance et leurs ajusteurs ne sont habituellement très familiers avec les oeuvres d’art et les objets précieux our exotiques. Dès lors, obtenir satisfaction fait problème. Dans ce contexte, une documentation et une évaluation professionnelles de ces objets faciliteront grandement un règlement rapide et équitable de vos réclamations.

Toute évaluation qui ne propose comme information sur l’oeuvre qu’une seule ligne descriptive (“a one liner”) n’offre aucune protection sérieuse.

Pour que ne subsiste aucun doute au regard de la compagnie d’assurance, toute oeuvre ou objet doit être photographié, sa photographie scellée à une description pertinente. De plus, la firme qui produit l’évaluation devrait garder dans une voûte ou à la banque les données de l’évaluation — et fournir au besoin au client ou à sa compagnie d’assurance — une copie certifiée de l’évaluation.

Le document ainsi préservé par une partie tierce invalide tout soupçon de falsification, et la compagnie d’assurance ne peut émettre aucun doute quant à son authenticité.

Dans cet esprit, veuillez conserver vos reçus ainsi que des notes sur les circonstances et l’endroit où vous vous procurez oeuvres et objets d’art. Obtenez des détails sur la provenance des objets anciens. Faites-la documenter par le vendeur, et prenez ses coordonnées. Partez de l’hypothèse que dix ou vingt ans plus tard, ou en cas de réclamation, ces détails, qui peuvent vous paraître anodins, vous faciliteront le règlement de vos réclamations, vous permettront d’obtenir un meilleur prix à la revente. De plus, ils vous rappelleront des circonstances savoureuses, que vous voudrez partager les détails avec vos enfants ou petits-enfants.

Possédez-vous des oeuvres ou objets d’art provenant de plusieurs parties du monde? Votre mobilier, vos tapis ont-ils été acheté au gré de vos affectations? Assurez-vous de choisir une firme capable d’une expertise dans ces secteurs variés, pour que soient évités rendez-vous et déplacements nombreux qui vous occasionneront un surcroît d’obligations, de même que des frais supplémentaires.

Si, malgré toutes les précautions prises, advenaient néanmoins des dommages à vos objets précieux, informez sans tarder la compagnie d’assurance. Celle-ci fera normalement évaluer par une tierce partie les coûts de restauration. Dans le cas des objets de grande valeur, vous souhaiterez obtenir, des experts de votre choix, le coût de la restauration, et l’assurance des qualifications du restaurateur.

À moins que votre police d’assurance ne l’exclut spécifiquement, (et si tel est le cas, le temps est venu de changer de compagnie) vous avez droit à la dépréciation de la valeur marchande de l’oeuvre endommagée. Cette dépréciation est applicable, même si l’oeuvre a été parfaitement restaurée.

Compte tenu de l’importance des dommages, la dépréciation peut représenter jusqu’à 30, 60, et dans certains cas, 80 pour cent de la valeur marchande de l’oeuvre au moment du sinistre. Si le coût de la restauration et de la dépréciation totalisent près de 100 pour cent de la valeur marchande de l’oeuvre, la compagnie d’assurance peut élire de vous donner le plein remboursement de la valeur marchande et de prendre possession de celle-ci.

Pour une oeuvre évaluée à 50 000 $, il vous reviendra donc jusqu’à 40 000 $ s’il advenait un dommage grave. Souvent, les compagnies d’assurance paieront volontiers les coûts de restauration, mais chercheront à éviter le paiement de ce qui vous est dû au titre de la dépréciation de l’oeuvre. On peut les comprendre, compte tenu des sommes en question. Il vous appartient cependant de défendre vos intérêts.

Obtenez vous-même d’une firme d’experts l’évaluation de la dépréciation de l’oeuvre, et présentez la facture de ces services à la compagnie d’assurance : les deux vous sont remboursables. La firme qui vous a fourni l’évaluation de vos oeuvres devrait être en mesure de vous fournir ce service.

Réclamations d’assurance et évaluation d’oeuvres et d’objets d’art

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Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 8, No. 3 (1991) — Summer 1991 // Été 1991, p. 33. Lire le reste de ce numéro →

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