bout de papier, Vol. 5, No. 3 (1987) — Fall 1987 // Automne 1987, pp. 50–51

PRESS RELEASE
JULY 10, 1987

The Professional Association of Foreign Service Officers views with outrage the proposed appointment of Patrick MacAdam to London. The appointment continues what has become a hallmark of the Mulroney Government – the abuse of diplomatic assignments. It also marks a further instance of pushing aside a civil servant who has devoted his career to the service of Canada in order to make way for yet another of the Prime Minister’s cronies. This action makes a mockery of the merit system on which public service appointments are to be based.

During its nearly three years in office the Mulroney Government has made more political appointments to the Canadian Foreign Service than any other Government since Confederation. There are vastly more political appointees serving in External Affairs than in any other institution of government. Not even the Senate, usually viewed as the traditional source of patronage, has received as many appointments as External Affairs. This should be a cause of concern for all who value the success of Canada in its international relations.

Not since the introduction of the reform of the public service in 1918 has any Government so obviously ignored the principle of a non-partisan Civil Service. Mr. Mulroney would appear to be taking his lead from President Reagan, for no other nation aside from the United States seriously allows the spoils system to interfere so blatantly in its diplomatic appointments. This approach was tried in Canada in the years immediately after Confederation. The inevitable result was a low standard of competence and a poor quality of service to the public. The governments of Sir Wilfrid Laurier and Sir Robert Borden found common cause in replacing patronage with a Civil Service in which the cornerstones were the merit principle, political neutrality and a permanent career service. Do we really want to return to the old days when competence was secondary to politics and standards of ability disregarded altogether? When Canadians run into trouble abroad, lose their passport, have an accident or need a treaty negotiated, would they rather rely on a pal of the party or an individual who has made his career that of service to his country?

Cartoon of a statue of Brian Mulroney on a plinth inscribed “I regret that I have but one country to give to my cronies”, flanked by two men clutching London postings.

We believe Canadians deserve better of their Government. Appointing pals can wreck the concept of a career foreign service. They destroy the high professional standards of Canadian diplomacy by shunting aside professionals in order to make room for persons whose main claim to office is the stripe of their politics.

We are particularly appalled by the behaviour of the Mulroney Government because it flies in the face of previous personal assurances from the Prime Minister. In a letter dated October 2, 1984 Mr. Mulroney promised PAFSO that “the standard of professionalism so characteristic of our foreign service will be maintained by my Government and reflected in the diplomatic appointments we will be making.”

PAFSO recognizes that it does not have a monopoly on expertise in world affairs. We have welcomed the Stephen Lewises, the Vincent Masseys, the Don Jamiesons and the Roland Micheners. The real issue is not career versus amateurs; it is quality. Too often now the Foreign Service is used as a dumping ground for pals and cronies and as a means of taking care of political debts or defeated politicians.

A successful diplomat needs a variety of qualities — political and economic expertise, familiarity with languages and foreign cultures — and the Foreign Service is a good, albeit not the only, training ground in this area. This talent, developed over years of training and many postings abroad, is more and more being passed over to reward someone whose only recommendation is loyalty to party and whose knowledge of diplomacy is drawn from harlequins or the cinema.

The consequences of the Mulroney Government actions are more than an injury to the principle of a Foreign Service based on professionalism and career. It is an injury to the national interest.

Outrage à l’intérêt national

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
LE 10 JUILLET 1987

L’Association professionnelle des agents du service extérieur est outrée de la nomination possible de Patrick MacAdam a Londres. Cette nomination perpétue une tradition désormais établie du gouvernement Mulroney — l’abus de nominations diplomatiques. Elle souligne aussi la tendance à déloger un fonctionnaire ayant dédié sa carrière au service du Canada en faveur d’un des comperes du Premier Ministre. Ce geste couvre de ridicule le principe du mérite sur lequel sont fondées toutes nominations au sein de la fonction publique.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Mulroney a effectué plus de nominations politiques au sein du Service extérieur canadien que tout autre gouvernement depuis la Confédération. Il y a plus de titulaires de nominations diplomatiques au service des Affaires extérieures qu’au sein de toute autre institution gouvernementale. Pas même le sénat, havre traditionnel du patronage, n’a bénéficié d’autant de nominations que le ministère des Affaires extérieures. Ceci devrait préoccuper les Canadiens soucieux du succès de leur pays en matière de relations internationales.

Aucun autre gouvernement depuis l’introduction de la réforme du service civil en 1918 n’a ignoré de façon si évidente le principe de l’établissement d’un fonctionnariat non-partisan. M. Mulroney semble prendre conseil auprès de M. Reagan puisqu’aucune autre nation hormis les États-Unis ne permet une telle interférence du système de rétribution pour services rendus sur les nominations diplomatiques. Ce système avait déjà été mis à l’essai par le Canada dans les années qui ont suivi la Confédération pour ne résulter qu’en un bas niveau de compétence et un service médiocre au public. Les gouvernements de Sir Wilfrid Laurier et Sir Robert Borden ont tous deux recherché l’établissement d’un service civil fondé sur le principe du mérite, la neutralité politique et une notion de permanence. Désirons-nous vraiment retourner aux jours où la politique prenait le pas sur la compétence et les standards d’habiletés étaient totalement ignorés? Lorsque les Canadiens se retrouvent en difficultés à l’étranger, égarent leur passeport, ont un accident ou réclament la négociation d’un traité, préféreraient-ils se fier à un ami du parti ou à un individu qui a fait sa carrière du service à son pays?

Nous croyons que les Canadiens méritent plus de leur gouvernement. Les nominations politiques à des postes diplomatiques le sont au détriment du service extérieur. Elles détruisent le haut standard de la diplomatie canadienne en reléguant à l’arrière-plan des professionnels de façon à faire place a ceux dont le seul mérite se limite à leur couleur politique.

Nous sommes particulièrement choqués du comportement adopté par le gouvernement Mulroney parce qu’il contredit les assurances personnelles reçues du Premier Ministre dans une lettre qu’il adressait a lAPASE le 2 octobre 1984 et dans laquelle il nous assurait que « les standards du professionnalisme qui caractérisent notre service extérieur seront maintenus par mon gouvernement et se verront reflétés dans les nominations que nous effectuerons.

L’APASE reconnaît qu’elle ne détient pas le monopole d’expertise dans les affaires internationales. Nous avons accueilli dans notre sein les Stephen Lewis, les Vincent Massey, les Don Jamieson et les Roland Michener. La question n’est pas de comparer les amateurs aux professionnels; il s’agit ici de qualité. Trop souvent le service extérieur a été utilisé comme dépotoir pour les amis et compères et aussi pour rétribuer les services rendus ou pour placer les politiciens défaits.

Un diplomate accompli doit posséder certaines qualités – expertise dans les domaines économiques et politiques, connaissance de langues et cultures étrangères — la formation reçue au sein du service extérieur y contribue grandement si pas exclusivement. Ce réservoir de talents, acquis et développés au fil d’années de formation et d’affectations à l’étranger, est de plus en plus ignoré pour seules fins de récompenser ceux qui ne peuvent que se recommander de leur loyauté au parti et dont les connaissances de la diplomatie relèvent de romans à l’eau de rose ou du cinéma.

Les conséquences des gestes posés par le gouvernement constituent une insulte à l’intégrité d’un service extérieur de carrière. C’est un outrage à l’intérêt national.

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Originally published in / Publié à l’origine dans bout de papier, Vol. 5, No. 3 (1987) — Fall 1987 // Automne 1987, pp. 50–51. Read the rest of this issue / Lire le reste de ce numéro →

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