bout de papier, Vol. 19, No. 3 (2002-2003) — Fall/Winter 2002/2003 // Automne/Hiver 2002/2003, p. 37
Je désire rappeler avec beaucoup de ferveur et d’amitié le souvenir de Donald Moorman qui s’est taillé une juste réputation de 1954 à 1990 au sein du ministère. Né à Ottawa et y ayant fait ses classes, il passe le concours d’admission au Service administratif où il fera sa marque d’habile administrateur jusqu’au début des années soixante, période où il sera reçu au concours des Agents du Service extérieur. Il connut sa future épouse, Joan Awre, lors d’une affectation à Tel-Aviv alors qu’elle exerçait des fonctions consulaires à l’ambassade de Grande-Bretagne. Donald évoluera avec elle dans nombre de missions canadiennes principalement en Europe (Copenhague, Londres, La Haye, Bruxelles et Paris) depuis les fonctions d’agent administratif à celles d’agent politique et ainsi, il parachèvera une carrière fructueuse pendant plus de trente-six ans.
J’ai connu Donald comme Conseiller administratif de l’ambassade de Paris au cours des années soixante-dix, et par la suite, j’ai eu le bonheur, comme chef d’équipe d’inspection, de le retrouver à Georgetown alors qu’il exerçait les fonctions de second dans cette mission isolée de la Caraïbe. Cette affectation en suivait une au Zaïre et la prochaine, à Alger, marquerait la fin de sa carrière. Sa famille de sept enfants avait choisi de demeurer à Londres avec leur mère Joan qui a dû veiller à leurs progrès scolaires et autres, tous porteurs de belles carrières professionnelles.
Mais c’est à Alger que j’ai mieux fréquenté notre grand ami Donald, personnage distingué et élégant s’il en est, toujours plein d’humour, fervent Catholique qui ne manquait pas l’occasion d’un séjour dans un monastère ou une retraite chez les moines français des monts Atlas. L’éloignement de sa famille lui pesait et nous cherchions, parmi ses nombreux amis, à lui offrir fréquemment l’accueil de nos foyers. Une excursion à plusieurs dans la région de Ghardaïa m’est demeurée très vivante en mémoire, particulièrement par la présence stimulante de Donald. La prise de retraite a été loin d’être un repos du troisième âge pour lui. Je laisse à sa fille Jane la description de ses nouveaux intérêts :
Donald was a strong advocate of education and self-improvement. He embarked on language courses during his time with External Affairs, resulting in his impeccable command of French. He encouraged all forms of learning and was able to fulfill his own life-long interest in academia after retiring, studying Greek and Hebrew, followed by a course in Economics and Political History at Plater College, Oxford. He then read for a BA in Philosophy and Theology from Heythrop College, London. He undertook research for and was a main contributor to the Dictionary of Christian Biographies (published in 2001) and embarked on an MA in Philosophy in September 2000. He had to abandon his studies early in 2001 when he became ill.
Tel était cet homme plein d’idées et de ressources qui ne supportait aucunement l’oisiveté, dont il disait qu’elle résultait de l’ignorance à combler par l’activité physique et mentale. Pendant son séjour à Alger, on a senti chez lui une réflexion profonde visant au perfectionnement intellectuel et spirituel comme réponse aux vicissitudes de la vie. Adieu, cher Donald.
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